dimanche 17 février 2019

Dimanche 388: Antoine Favre


Quelles obscuritez, quels importuns nuages

Quelles obscuritez, quels importuns nuages
Vont de mon ame, helas, le jour obscurcissant !
Son Soleil n'y luit plus, et le teint palissant 
De la lune n'y rend que frayeur, et qu'ombrages. 

Il ne luy suffit pas qu'ell' ait perdu tels gaiges 
De l'amour de son Dieu qui la va delaissant, 
De son oeil chassieux le trait s'afoiblissant 
D'un tel aveuglement ne prevoit les dommages. 

Nuls feux elle ne voit que ces petits brillants 
Qui les fleuves la nuict vont la rive emaillants, 
Pour perdre dans les eaux ceux que la flamme attire. 

Ô Dieu ren-luy la veuë, et le Soleil plus clair, 
Si la nuë te plaist, donne-luy pour esclair
Ta colonne de feu, pour à toy me conduire.

Antoine Favre (1557-1624). Source: Poésie.webnet.

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