dimanche 7 juin 2026

Dimanche poétique 745: Théophile Gautier

La chimère

Une jeune chimère, aux lèvres de ma coupe,
Dans l'orgie, a donné le baiser le plus doux
Elle avait les yeux verts, et jusque sur sa croupe
Ondoyait en torrent l'or de ses cheveux roux.

Des ailes d'épervier tremblaient à son épaule
La voyant s'envoler je sautai sur ses reins ;
Et faisant jusqu'à moi ployer sou cou de saule,
J'enfonçai comme un peigne une main dans ses crins.

Elle se démenait, hurlante et furieuse,
Mais en vain. Je broyais ses flancs dans mes genoux ;
Alors elle me dit d'une voix gracieuse,
Plus claire que l'argent : Maître, où donc allons-nous ?

Par-delà le soleil et par-delà l'espace,
Où Dieu n'arriverait qu'après l'éternité ;
Mais avant d'être au but ton aile sera lasse :
Car je veux voir mon rêve en sa réalité.

Théophile Gautier (1811-1872). Source: Bonjour Poésie.


samedi 6 juin 2026

Dans les sandales d'Apulée de Madaure

Cendrine Bertani – C'est avec toute sa passion pour l'Antiquité gréco-romaine que Cendrine Bertani a écrit "Apulée de Madaure ou le procès d'un sorcier". Optant pour la forme littéraire actuelle du thriller, l'écrivaine ripagérienne relate, au goût du jour, les tribulations de l'auteur du livre "L'Ane d'or". Ce qui nous ramène au deuxième siècle après Jésus-Christ...

Pour commencer son roman, l'autrice choisit de plonger son lecteur en plein procès: c'est le premier chapitre d'un livre à la structure un peu complexe. Dès lors, et il suffit de le savoir, la narration alterne entre la relation du procès, bien réel, intenté à Apulée de Madaure pour meurtre et sorcellerie et la narration de la façon dont on en est arrivé là.

Cela donne à l'écrivaine l'occasion de raconter l'existence d'un homme de lettres qui a bel et bien vécu au temps où l'empire romain connaissant son apogée. L'intrigue se déroule en Afrique du Nord, cependant; l'empereur est bien loin à Rome, et il convient de relever, tout au plus, que certains personnages du roman peinent à faire carrière à cause de leur couleur de peau. Un thème d'actualité...

... et en effet, l'une des lignes directrices de "Apulée de Madaure" consiste à restituer toute son actualité à une affaire judiciaire ancienne, en suivant entre autres sources l'"Apologie" d'Apulée lui-même. Le choix du genre du thriller, en particulier, le démontre: la romancière excelle à décrire les relations complexes, faites d'une attirance qui pourrait être de l'amour comme de rejet, qui existent entre Apulée et Pontianus. Les thèmes de l'homosexualité et de son statut social sont donc partie intégrante de "Apulée de Madaure".

Tout au plus peut-on relever, comme excessivement modernes quelques mots que les personnages n'auraient pas utilisés tels quels à l'époque romaine, par exemple le terme de "presse", évocateur de la technique bien postérieure de l'imprimerie, pour parler des médias. Dès le début du livre, la plaidoirie d'Apulée est présente comme "très médiatisée": certes, on en a sans doute parlé à l'époque. L'éditeur précise que ce choix d'un terme a priori moderne générique, fondé sur une étymologie latine, reste une bonne solution.

Dernier thème d'actualité de ce court ouvrage, enfin: Apulée, sous un faux nom, a su séduire une femme bien plus âgée que lui – à la manière des Brigitte et Emmanuel Macron de leur temps. La romancière ne juge pas, contrairement à certains de ses personnages: animés par l'écriture envoûtante d'Apulée, les sentiments qui se font jour entre une lectrice et son auteur fétiche n'ont pas à être condamnés, et les juges n'ont pas à donner suite à une éventuelle accusation d'amours hétérodoxes.

Il est enfin temps de rappeler qu'"Apulée de Madaure" rappelle qu'Apulée, jeune homme de lettres installé en Numidie, donc dans le nord de l'Afrique, est initié à des sociétés ésotériques qui ne reculent pas devant la consommation de stupéfiants. En évoquant la dépendance d'Apulée aux opiacés, la romancière place l'auteur de "L'Âne d'or" dans la lignée de ces écrivains qui, au dix-neuvième siècle et au-delà, "prenaient des trucs" pour doper leur propre inspiration poétique.

En revisitant une cause juridique bien réelle, datée d'une vingtaine de siècles et dûment documentée, dans un esprit humaniste, la romancière Cendrine Bertani réussit donc, par son travail littéraire, à lui restituer toute son actualité. Le ton adopté se révèle simple et direct, apte à faire mouche également à des publics jeunes, adolescents par exemple. Voilà donc un roman à découvrir ou à redécouvrir à tous âges.

Cendrine Bertani, Apulée de Madaure ou le procès d'un sorcier, Vienne, n'co éditions, 2024.

Le blog de Cendrine Bertani, site des éditions n'co.


vendredi 5 juin 2026

Un bébé, des prémices et beaucoup de bonheur

Manuel Verlange – Un foetus qui parle? Oui! C'est même le personnage principal de "Au titre d'une enfance heureuse", le dernier roman de l'écrivain Manuel Verlange. Celui-ci pose avec ce livre qu'une grossesse, c'est toute une aventure. Le principal obstacle? Manuel le foetus est bien impuissant face à lui: c'est le risque d'un avortement. Tout autour de lui va cependant louvoyer pour un aboutissement heureux.

Au départ, rien n'est gagné: Marie-Elisabeth, la mère, 17 ans, s'est retrouvée enceinte sans vraiment le vouloir lors d'une fête bien arrosée, et sa meilleure amie, quasi jumelle au physique, est une parfaite hédoniste qui va l'encourager à interrompre sa grossesse. Voyons aussi le contexte: Marie-Elisabeth est issue d'une famille stricte, hostile à l'idée d'accepter une naissance hors mariage. Quant au Planning familial, également présent, l'auteur lui confère le rôle de mettre à l'épreuve la femme concernée, plutôt que de la pousser sans état d'âme vers l'option fatale de l'interruption volontaire de grossesse – que l'auteur voit dès lors comme un droit indissociable du principe de responsabilité.

Pourtant, "Au titre d'une enfance heureuse" est traversé par une petite voix bavarde, celle de Manuel, l'enfant à naître. On comprend assez vite que l'auteur installe un faux suspens pour accrocher son lectorat: certes prématuré, Manuel papote sans relâche au sujet de son petit monde. Et il a envie de le voir, ce monde!

C'est l'une des grandes forces de ce roman que d'avoir su donner à ce personnage, présenté tantôt comme à naître, tantôt à peine né, une voix qui montre à chaque mot qu'avant même de voir le jour, le bébé comprend bien des choses et n'est pas forcément dupe de ce qui se passe chez les adultes. Et là, on a envie de rappeler le titre du mémorable documentaire de Bernard Martino: "Le bébé est une personne". 

Oui: le petit Manuel perçoit avec acuité ce qui se passe autour de la mère qui le porte. Le lecteur vivra à travers lui les risques d'une grossesse et les états d'âme d'une mère fort jeune, qui connaîtra par ailleurs un accouchement compliqué d'infections. Et il ne manquera pas de s'attacher à ce p'tit gars qui attend sa maman qu'on soigne ailleurs, et qui sait aussi se montrer gouailleur, à la manière belge puisque l'intrigue se déroule au Plat Pays. 

Cela fonctionne même dans le monde des prématurés ou des jeunes enfants, l'auteur suggérant que Manuel, tout bébé, a déjà des relations amicales avec ses collègues de couveuse, des enfants divers qui connaîtront chacun leur destin – il y aura même un suicide. On relève ici que l'auteur imagine pour ces enfants un langage distinct de celui adressé aux adultes, et que seuls les tout-petits comprennent. Ce qui n'empêche ni la finesse, ni l'esprit, et encore moins la faconde d'enfants confiants en ce que le monde leur réserve.

La vie restera chez certains personnages, se retirera d'autres, d'une manière assez inattendue, de manière à recomposer, en fin de roman, une situation à l'équilibre. En refermant "Au titre d'une enfance heureuse", le lecteur en garde le souvenir souriant d'un roman riche, plein de personnages bien dessinés et attachants, avant tout victimes de secrets de famille qui éclatent en fin de récit pour, enfin, libérer ceux qui en ont été prisonniers. 

Quant au petit Manuel, après avoir tant dit "boui boui gli gli" sur tous les tons, il trouvera bien sûr le moyen de dire "Maman" à celle qui l'aimera.

Manuel Verlange, Au titre d'une enfance heureuse, Waterloo, Le Lion z'ailé, 2026. Préface de Philippe Reynaert.

Le site de Manuel Verlange, celui des éditions du Lion z'ailé.

Manuel Verlange dédicacera "Au titre d'une enfance heureuse" le 27 juin 2026 à 19h30 à la librairie Tschann, 125 bd du Montparnasse, à Paris.

Lu en partenariat avec simplement.pro.

mercredi 3 juin 2026

D'amour, d'amitié, de mort

Anne Goscinny – Quand une amitié d'enfance vous tient... et que la mort vient réclamer son dû, trop tôt: dans "Mille façons d'aimer", la romancière Anne Goscinny relate de manière succincte, sur le ton d'un mémorial sincère et convaincant, l'histoire de deux personnages rapprochés par les circonstances jusqu'à devenir des amis indéfectibles, au fil des âges de la vie: Jeanne et Raphaël. Et dans ce livre, Jeanne s'adresse à ce Raphaël perdu. Ce qui suscite forcément, de la part du lecteur, une forme d'identification à ce personnage qui, après tout, pourrait être lui.

L'absence regrettée du père, chez Raphaël, va provoquer la recherche de modèles masculins de substitution et déterminer en quelque sorte, selon la romancière, l'orientation sexuelle du personnage. Le rapprochement entre sexe et mort est classique; c'est ce qui va causer aussi la perte de Raphaël, sur fond de sida non curable: nous sommes dans les années 1990. Jeanne, quant à elle, en qualité de narratrice, elle va explorer son propre deuil au fil des pages. 

Un deuil particulier, puisqu'il est doublé de la perte de sa mère, également partie trop tôt. Le personnage de la mère de Jeanne se démarque par son côté pittoresque marqué par un déni radical face au cancer et à l'échéance fatale: pourquoi ne pas vivre sur l'île Saint-Louis, puisque le cancer ne traverse pas les rivières? Et pourquoi mourir, puisque Jeanne a encore besoin de sa mère? Il en résulte une note d'humour, qui affleure çà et là.

Et si Raphaël assume son homosexualité, il n'en est pas moins resté attaché à Jeanne, et réciproquement. Cet attachement est fait, et c'est richement décrit, de conflits passagers vite réglés ou oubliés, ainsi que de lectures partagées. De quoi faire dire à leurs mères respectives qu'on les mariera ensemble quand ils seront grands. La vie, riche en surprises, leur offrira un autre destin, nimbé d'amertume, qui se reflète dans la tonalité dominante d'une écriture qui, profonde et claire y compris lorsqu'il s'agit d'explorer les non-dits et les mensonges qui font le sel des relations humaines, cultive aussi la demi-teinte et le mode mineur.

Anne Goscinny, Mille façons d'aimer, Paris, Grasset, 2024.

Le site des éditions Grasset.

Egalement lu par Francis Richard, Nicolas Roche.

dimanche 31 mai 2026

Dimanche poétique 744: Marcel Faure

Dame orthographe

Désolé dame orthographe,
Moi le scribe calligraphe,
B. A. Ba, bêta, bêta,
J'assassine misogyne
Tous les E des féminines
Pas que les femmes m'affolent,
De leurs saints sans auréoles,
Je plurielle avec les doigts.

Désolé dame grammaire,
Je fais comme ma grand-mère :
Je vais je vas, j'a été,
Moi je transforme vos formes
Pour qu'elles rentrent dans mes normes.
Ne vous grattez pas la tête,
Et venez au bal musette
Je m'accorde avec mes doigts.

Si vous faites des manières
Pour la langue de mon père
Vingt dieux gaffe à ton derrière
Malgré mes oreilles d'âne,
Dans vos culs je sarbacane
Une flèche de mon bois
Affûtée comme il se doit.
J'sais m'servir de mes dix doigts.

Et le Sol de la musique,
Emporté par la panique,
Fa, fa, couic et tralala,
S'empale sur un faut dièse,
S'esquive, croche et biaise,
Tandis qu'un rêve opéra
Visite tes apparats
Que dénudent tous mes doigts.

Années 1980

Marcel Faure. Source: Poèmes.

mardi 26 mai 2026

Olive et l'horreur à travers les siècle

Olive – Un livre d'horreur qui couvre plusieurs siècles? L'écrivain Olive a relevé le défi. Cela donne "Vies et morts de Petrichor", une centaine de pages savoureuses et saignantes où l'horreur évolue sans s'effacer, au gré de récits historiques ou futuristes. Cela, sur le mode d'une roue des transmigrations qui permet des métempsycoses à l'infini ou presque: de l'âge des hommes-singes jusqu'à la fin de l'humanité, Petrichor se réincarne, change de nom, se retrouve çà et là dans le monde, avec une prédilection pour le Valais. Chapitre après chapitre, un avatar chasse l'autre.

On sent que l'auteur commence à s'amuser lorsqu'on entre au Moyen Age: les chapitres tendent à devenir un peu plus longs, et quelques astuces abominables commencent à se faire jour: le caca sans fin de tel personnage perché au-dessus des remparts, par exemple, va marquer les esprits (l'auteur use même deux fois de cet artifice, peut-être pour s'assurer que son roman aura son parfum bien caractéristique...). C'est aussi à ce moment qu'émerge un alter ego féminin, roux et doté de talents de sorcière, qui se nommera tantôt Moravia, tantôt Finn, entre autres. 

Comme dans toute bonne roue des transmigrations, il y a aussi quelques pointes vers d'autres espèces: ainsi, on se réjouit de découvrir les tribulations d'une rate particulièrement vivace et prolifique qui, à son tour, donnera le jour à une nouvelle version du personnage récurrent.

Franchissant les siècles en mode saignant et violent, l'auteur se donne l'occasion d'éblouir les humains qui le liront par la diversité des situations horribles mises en scène. Il y aura, au fil des pages, un marchand d'armes devenu riche au cours des deux premières guerres mondiales, des idéalistes montés en graine qui finissent par voter à droite, et aussi bien sûr un solide lot de scènes gore à base de membres coupés, de balles dans les poumons et de sexe furieusement décadent, tout cela décrit avec tout ce qu'il faut de complaisance. Mais Petrichor, tel un Chuck Norris qui aurait réussi, résiste à tout cela. Les transhumains mis en scène vers la fin du roman, si gracieux et malins qu'ils soient, auront-ils enfin raison de ce personnage qui sait si bien se mouler dans ses époques successives, surtout pour le pire?

Chaque chapitre de "Vies et morts de Petrichor" constituant une histoire à part entière, il est permis de dire que ce nouvel opus de la collection "Gore des Alpes" se lit un peu comme un recueil de nouvelles, ou comme un feuilleton avec ses personnages récurrents. En mettant en scène un récit qui traverse les siècles, l'auteur pose en arrière-plan un constat plutôt pessimiste: peu importent les années voire les siècles qui passent, l'humain conserve ce qu'il a de mauvais en lui et l'exprime sans vergogne, inlassablement. C'est peut-être là-dessus que Petrichor pleure, une première et dernière fois, à la toute fin du livre.

Olive, Vies et morts de Petrichor, Ardon, Gore des Alpes, 2025.

Le site des éditions Gore des Alpes.

lundi 25 mai 2026

Vol et mystères au pays des hommes masqués

JENNY
Magali Jenny – Après s'être fait connaître avec ses guides consacrés aux guérisseurs en Suisse romande, Magali Jenny fait le pas de la fiction. Son premier roman, "Le Masque", évoque de manière approfondie et rapprochée la coutume sarde des "Mamuthones", procession ancestrale d'hommes couverts de cloches. Tout commence au moment où quelqu'un vole le modèle de ces masques...

... et c'est là qu'entre en scène Jo, ethnologue spécialiste de cet usage qui, selon elle, pourrait remonter aux temps préhistoriques des "nuraghe", énigmatiques constructions cylindriques qui, depuis plusieurs millénaires, marquent le territoire sarde. Après un premier chapitre court et catchy, on voit cette ethnologue donner une conférence qui, si sa description peut paraître un peu longue, donne d'emblée quelques clés, précieuses pour le lecteur qui va se plonger dans cet ample roman.

"Le Masque" est en effet une immersion dans un village qui semble d'un autre temps, Mamoiada, où tout semble tourner autour des superstitions et de l'imaginaire rattaché aux Mamuthones, hommes déguisés jusqu'à devenir des personnages mythiques, entièrement consacrés à leur rôle et ayant même renoncé à l'amour et à la possibilité de fonder une famille. Au premier abord, l'ambiance peut paraître hostile au village, où Jo se fait cependant vite apprécier grâce à sa connaissance des mythes locaux – et peut-être à quelque révélation née d'une transe.

L'autrice connaît son sujet, ce qui l'autorise à se montrer quelque peu critique. Elle l'habileté d'introduire dans son roman quelques personnages féminins qui rejettent, d'une manière ou d'une autre, une tradition jugée trop masculine, honorable certes, mais pesante et délétère dans ses déterminismes implacables: la désignation des futurs Mamuthones se fait dès la naissance, ne laissant à l'homme ainsi choisi par le destin aucune échappatoire, aucune possibilité de vivre autrement, sauf à trahir le village et à déshonorer sa famille.

Cette tradition permet aussi à l'écrivaine de faire quelques incursions dans le monde de la recherche et des universités. De ce point de vue, les personnages de Jo et de S. constituent deux pôles difficiles à réconcilier, dont la confrontation contribue à la tension dramatique de plus d'une scène du roman: alors que Jo cherche surtout à comprendre la coutume et à la respecter, S., cupide et arrogant, en fait pour ainsi dire sa propriété. Fort opportunément, l'écrivaine place de nombreux adjectifs possessifs de première personne dans sa bouche d'individu rusé.

Enfin, si la densité de l'écriture oblige le lecteur à avancer plutôt lentement dans sa lecture et l'invite à savourer les riches détails du monde dans lequel il est plongé, l'autrice ne manque pas, au détour d'une péripétie d'une intrigue aux croisées du genre policier (on est à la recherche d'un masque volé) et du fantastique, à tenter avec succès quelques pointes d'humour. Le lecteur se souviendra ainsi, en particulier, de la manière dont S., qui est aussi un Don Juan, est évincé par Jo dans un restaurant, avec la complicité d'une autre femme également victime de ses agissements.

Magali Jenny, Le Masque, Lausanne, Favre, 2026.

Le site des éditions Favre.

Egalement lu par Manuel.