vendredi 5 juin 2026

Un bébé, des prémices et beaucoup de bonheur

Manuel Verlange – Un foetus qui parle? Oui! C'est même le personnage principal de "Au titre d'une enfance heureuse", le dernier roman de l'écrivain Manuel Verlange. Celui-ci pose avec ce livre qu'une grossesse, c'est toute une aventure. Le principal obstacle? Manuel le foetus est bien impuissant face à lui: c'est le risque d'un avortement. Tout autour de lui va cependant louvoyer pour un aboutissement heureux.

Au départ, rien n'est gagné: Marie-Elisabeth, la mère, 17 ans, s'est retrouvée enceinte sans vraiment le vouloir lors d'une fête bien arrosée, et sa meilleure amie, quasi jumelle au physique, est une parfaite hédoniste qui va l'encourager à interrompre sa grossesse. Voyons aussi le contexte: Marie-Elisabeth est issue d'une famille stricte, hostile à l'idée d'accepter une naissance hors mariage. Quant au Planning familial, également présent, l'auteur lui confère le rôle de mettre à l'épreuve la femme concernée, plutôt que de la pousser sans état d'âme vers l'option fatale de l'interruption volontaire de grossesse – que l'auteur voit dès lors comme un droit indissociable du principe de responsabilité.

Pourtant, "Au titre d'une enfance heureuse" est traversé par une petite voix bavarde, celle de Manuel, l'enfant à naître. On comprend assez vite que l'auteur installe un faux suspens pour accrocher son lectorat: certes prématuré, Manuel papote sans relâche au sujet de son petit monde. Et il a envie de le voir, ce monde!

C'est l'une des grandes forces de ce roman que d'avoir su donner à ce personnage, présenté tantôt comme à naître, tantôt à peine né, une voix qui montre à chaque mot qu'avant même de voir le jour, le bébé comprend bien des choses et n'est pas forcément dupe de ce qui se passe chez les adultes. Et là, on a envie de rappeler le titre du mémorable documentaire de Bernard Martino: "Le bébé est une personne". 

Oui: le petit Manuel perçoit avec acuité ce qui se passe autour de la mère qui le porte. Le lecteur vivra à travers lui les risques d'une grossesse et les états d'âme d'une mère fort jeune, qui connaîtra par ailleurs un accouchement compliqué d'infections. Et il ne manquera pas de s'attacher à ce p'tit gars qui attend sa maman qu'on soigne ailleurs, et qui sait aussi se montrer gouailleur, à la manière belge puisque l'intrigue se déroule au Plat Pays. 

Cela fonctionne même dans le monde des prématurés ou des jeunes enfants, l'auteur suggérant que Manuel, tout bébé, a déjà des relations amicales avec ses collègues de couveuse, des enfants divers qui connaîtront chacun leur destin – il y aura même un suicide. On relève ici que l'auteur imagine pour ces enfants un langage distinct de celui adressé aux adultes, et que seuls les tout-petits comprennent. Ce qui n'empêche ni la finesse, ni l'esprit, et encore moins la faconde d'enfants confiants en ce que le monde leur réserve.

La vie restera chez certains personnages, se retirera d'autres, d'une manière assez inattendue, de manière à recomposer, en fin de roman, une situation à l'équilibre. En refermant "Au titre d'une enfance heureuse", le lecteur en garde le souvenir souriant d'un roman riche, plein de personnages bien dessinés et attachants, avant tout victimes de secrets de famille qui éclatent en fin de récit pour, enfin, libérer ceux qui en ont été prisonniers. 

Quant au petit Manuel, après avoir tant dit "boui boui gli gli" sur tous les tons, il trouvera bien sûr le moyen de dire "Maman" à celle qui l'aimera.

Manuel Verlange, Au titre d'une enfance heureuse, Waterloo, Le Lion z'ailé, 2026. Préface de Philippe Reynaert.

Le site de Manuel Verlange, celui des éditions du Lion z'ailé.

Manuel Verlange dédicacera "Au titre d'une enfance heureuse" le 27 juin 2026 à 19h30 à la librairie Tschann, 125 bd du Montparnasse, à Paris.

Lu en partenariat avec simplement.pro.

mercredi 3 juin 2026

D'amour, d'amitié, de mort

Anne Goscinny – Quand une amitié d'enfance vous tient... et que la mort vient réclamer son dû, trop tôt: dans "Mille façons d'aimer", la romancière Anne Goscinny relate de manière succincte, sur le ton d'un mémorial sincère et convaincant, l'histoire de deux personnages rapprochés par les circonstances jusqu'à devenir des amis indéfectibles, au fil des âges de la vie: Jeanne et Raphaël. Et dans ce livre, Jeanne s'adresse à ce Raphaël perdu. Ce qui suscite forcément, de la part du lecteur, une forme d'identification à ce personnage qui, après tout, pourrait être lui.

L'absence regrettée du père, chez Raphaël, va provoquer la recherche de modèles masculins de substitution et déterminer en quelque sorte, selon la romancière, l'orientation sexuelle du personnage. Le rapprochement entre sexe et mort est classique; c'est ce qui va causer aussi la perte de Raphaël, sur fond de sida non curable: nous sommes dans les années 1990. Jeanne, quant à elle, en qualité de narratrice, elle va explorer son propre deuil au fil des pages. 

Un deuil particulier, puisqu'il est doublé de la perte de sa mère, également partie trop tôt. Le personnage de la mère de Jeanne se démarque par son côté pittoresque marqué par un déni radical face au cancer et à l'échéance fatale: pourquoi ne pas vivre sur l'île Saint-Louis, puisque le cancer ne traverse pas les rivières? Et pourquoi mourir, puisque Jeanne a encore besoin de sa mère? Il en résulte une note d'humour, qui affleure çà et là.

Et si Raphaël assume son homosexualité, il n'en est pas moins resté attaché à Jeanne, et réciproquement. Cet attachement est fait, et c'est richement décrit, de conflits passagers vite réglés ou oubliés, ainsi que de lectures partagées. De quoi faire dire à leurs mères respectives qu'on les mariera ensemble quand ils seront grands. La vie, riche en surprises, leur offrira un autre destin, nimbé d'amertume, qui se reflète dans la tonalité dominante d'une écriture qui, profonde et claire y compris lorsqu'il s'agit d'explorer les non-dits et les mensonges qui font le sel des relations humaines, cultive aussi la demi-teinte et le mode mineur.

Anne Goscinny, Mille façons d'aimer, Paris, Grasset, 2024.

Le site des éditions Grasset.

Egalement lu par Francis Richard, Nicolas Roche.

dimanche 31 mai 2026

Dimanche poétique 744: Marcel Faure

Dame orthographe

Désolé dame orthographe,
Moi le scribe calligraphe,
B. A. Ba, bêta, bêta,
J'assassine misogyne
Tous les E des féminines
Pas que les femmes m'affolent,
De leurs saints sans auréoles,
Je plurielle avec les doigts.

Désolé dame grammaire,
Je fais comme ma grand-mère :
Je vais je vas, j'a été,
Moi je transforme vos formes
Pour qu'elles rentrent dans mes normes.
Ne vous grattez pas la tête,
Et venez au bal musette
Je m'accorde avec mes doigts.

Si vous faites des manières
Pour la langue de mon père
Vingt dieux gaffe à ton derrière
Malgré mes oreilles d'âne,
Dans vos culs je sarbacane
Une flèche de mon bois
Affûtée comme il se doit.
J'sais m'servir de mes dix doigts.

Et le Sol de la musique,
Emporté par la panique,
Fa, fa, couic et tralala,
S'empale sur un faut dièse,
S'esquive, croche et biaise,
Tandis qu'un rêve opéra
Visite tes apparats
Que dénudent tous mes doigts.

Années 1980

Marcel Faure. Source: Poèmes.

mardi 26 mai 2026

Olive et l'horreur à travers les siècle

Olive – Un livre d'horreur qui couvre plusieurs siècles? L'écrivain Olive a relevé le défi. Cela donne "Vies et morts de Petrichor", une centaine de pages savoureuses et saignantes où l'horreur évolue sans s'effacer, au gré de récits historiques ou futuristes. Cela, sur le mode d'une roue des transmigrations qui permet des métempsycoses à l'infini ou presque: de l'âge des hommes-singes jusqu'à la fin de l'humanité, Petrichor se réincarne, change de nom, se retrouve çà et là dans le monde, avec une prédilection pour le Valais. Chapitre après chapitre, un avatar chasse l'autre.

On sent que l'auteur commence à s'amuser lorsqu'on entre au Moyen Age: les chapitres tendent à devenir un peu plus longs, et quelques astuces abominables commencent à se faire jour: le caca sans fin de tel personnage perché au-dessus des remparts, par exemple, va marquer les esprits (l'auteur use même deux fois de cet artifice, peut-être pour s'assurer que son roman aura son parfum bien caractéristique...). C'est aussi à ce moment qu'émerge un alter ego féminin, roux et doté de talents de sorcière, qui se nommera tantôt Moravia, tantôt Finn, entre autres. 

Comme dans toute bonne roue des transmigrations, il y a aussi quelques pointes vers d'autres espèces: ainsi, on se réjouit de découvrir les tribulations d'une rate particulièrement vivace et prolifique qui, à son tour, donnera le jour à une nouvelle version du personnage récurrent.

Franchissant les siècles en mode saignant et violent, l'auteur se donne l'occasion d'éblouir les humains qui le liront par la diversité des situations horribles mises en scène. Il y aura, au fil des pages, un marchand d'armes devenu riche au cours des deux premières guerres mondiales, des idéalistes montés en graine qui finissent par voter à droite, et aussi bien sûr un solide lot de scènes gore à base de membres coupés, de balles dans les poumons et de sexe furieusement décadent, tout cela décrit avec tout ce qu'il faut de complaisance. Mais Petrichor, tel un Chuck Norris qui aurait réussi, résiste à tout cela. Les transhumains mis en scène vers la fin du roman, si gracieux et malins qu'ils soient, auront-ils enfin raison de ce personnage qui sait si bien se mouler dans ses époques successives, surtout pour le pire?

Chaque chapitre de "Vies et morts de Petrichor" constituant une histoire à part entière, il est permis de dire que ce nouvel opus de la collection "Gore des Alpes" se lit un peu comme un recueil de nouvelles, ou comme un feuilleton avec ses personnages récurrents. En mettant en scène un récit qui traverse les siècles, l'auteur pose en arrière-plan un constat plutôt pessimiste: peu importent les années voire les siècles qui passent, l'humain conserve ce qu'il a de mauvais en lui et l'exprime sans vergogne, inlassablement. C'est peut-être là-dessus que Petrichor pleure, une première et dernière fois, à la toute fin du livre.

Olive, Vies et morts de Petrichor, Ardon, Gore des Alpes, 2025.

Le site des éditions Gore des Alpes.

lundi 25 mai 2026

Vol et mystères au pays des hommes masqués

JENNY
Magali Jenny – Après s'être fait connaître avec ses guides consacrés aux guérisseurs en Suisse romande, Magali Jenny fait le pas de la fiction. Son premier roman, "Le Masque", évoque de manière approfondie et rapprochée la coutume sarde des "Mamuthones", procession ancestrale d'hommes couverts de cloches. Tout commence au moment où quelqu'un vole le modèle de ces masques...

... et c'est là qu'entre en scène Jo, ethnologue spécialiste de cet usage qui, selon elle, pourrait remonter aux temps préhistoriques des "nuraghe", énigmatiques constructions cylindriques qui, depuis plusieurs millénaires, marquent le territoire sarde. Après un premier chapitre court et catchy, on voit cette ethnologue donner une conférence qui, si sa description peut paraître un peu longue, donne d'emblée quelques clés, précieuses pour le lecteur qui va se plonger dans cet ample roman.

"Le Masque" est en effet une immersion dans un village qui semble d'un autre temps, Mamoiada, où tout semble tourner autour des superstitions et de l'imaginaire rattaché aux Mamuthones, hommes déguisés jusqu'à devenir des personnages mythiques, entièrement consacrés à leur rôle et ayant même renoncé à l'amour et à la possibilité de fonder une famille. Au premier abord, l'ambiance peut paraître hostile au village, où Jo se fait cependant vite apprécier grâce à sa connaissance des mythes locaux – et peut-être à quelque révélation née d'une transe.

L'autrice connaît son sujet, ce qui l'autorise à se montrer quelque peu critique. Elle l'habileté d'introduire dans son roman quelques personnages féminins qui rejettent, d'une manière ou d'une autre, une tradition jugée trop masculine, honorable certes, mais pesante et délétère dans ses déterminismes implacables: la désignation des futurs Mamuthones se fait dès la naissance, ne laissant à l'homme ainsi choisi par le destin aucune échappatoire, aucune possibilité de vivre autrement, sauf à trahir le village et à déshonorer sa famille.

Cette tradition permet aussi à l'écrivaine de faire quelques incursions dans le monde de la recherche et des universités. De ce point de vue, les personnages de Jo et de S. constituent deux pôles difficiles à réconcilier, dont la confrontation contribue à la tension dramatique de plus d'une scène du roman: alors que Jo cherche surtout à comprendre la coutume et à la respecter, S., cupide et arrogant, en fait pour ainsi dire sa propriété. Fort opportunément, l'écrivaine place de nombreux adjectifs possessifs de première personne dans sa bouche d'individu rusé.

Enfin, si la densité de l'écriture oblige le lecteur à avancer plutôt lentement dans sa lecture et l'invite à savourer les riches détails du monde dans lequel il est plongé, l'autrice ne manque pas, au détour d'une péripétie d'une intrigue aux croisées du genre policier (on est à la recherche d'un masque volé) et du fantastique, à tenter avec succès quelques pointes d'humour. Le lecteur se souviendra ainsi, en particulier, de la manière dont S., qui est aussi un Don Juan, est évincé par Jo dans un restaurant, avec la complicité d'une autre femme également victime de ses agissements.

Magali Jenny, Le Masque, Lausanne, Favre, 2026.

Le site des éditions Favre.

Egalement lu par Manuel.

dimanche 24 mai 2026

Dimanche poétique 743: Joseph Biron

L’ Espérance est souvent comme ces fleurs d’avril 
Qu’un baiser du printemps a trop tôt fait éclore ; 
Malgré les chauds rayons dont l’éclat les colore, 
Le moindre froid, la nuit, met leurs fruits en péril. 

Gardons bien notre cœur d’un espoir puéril ; 
L’on obtient rarement, hélas ! ce qu’il implore ; 
Pour oublier plus tard le rêve qu’il déplore, 
Comme il faut déployer un courage viril. 

Fraiches illusions ! ô fleurs de jeunesse ! 
Bouquets éclôts hier, au printemps de nos jours, 
Premiers enivrements de nos chastes amours ? 

Avril, alors si beau, tient-il bien sa promesse ? 
- La bise a dévoré le fruit avec la fleur, 
Et le temps a changé l’espérance en douleur.

Joseph Biron (1838-?). Source: Forez-Info.

mardi 19 mai 2026

La traversée de Saint-Etienne par temps de covid-19

Bruno Testa – Virgile, journaliste à la retraite depuis peu en ce début 2020, reçoit de la part de son éditeur une demande particulière: écrire un guide touristique sur la ville ligérienne de Saint-Etienne. Et voilà qu'éclate la crise du coronavirus... Que faire? Virgile décide d'y aller quand même. Il en résulte une visite atypique de Saint-Etienne, marquée temporellement par la dernière pandémie... et par l'esprit parfois frondeur de ceux qui y font face.

Les évocations du passé de Saint-Etienne s'avèrent parcimonieuses: Virgile a reçu des ordres dans ce sens de son éditeur. Cela ne l'empêche pas de citer le captivant recueil "Saint-Etienne, regards d'écrivains!", élaboré par l'historien Gérard-Michel Thermeau, ne serait-ce que pour renvoyer à d'autres auteurs les lecteurs intéressés par l'histoire. Ni de glisser mine de rien l'une ou l'autre anecdote du passé, d'autant plus belle qu'elle n'est pas forcément vérifiable. Ainsi, on en apprend davantage sur les origines un peu olé olé du nom de la chaîne d'épiceries "Casino".

C'est qu'au-delà des mesures historiques bien qu'actuelles liées au covid-19, surnommé "Connardo le virus" par Virgile le narrateur, il y a tout un présent stéphanois à raconter, construit, pour le plus immédiat, par la manière dont la population a vécu et s'est approprié les mesures de lutte contre la pandémie. De manière plus large, ce présent se souvient du temps des passementiers et des armuriers et évolue, face à des habitants parfois dubitatifs, vers l'idée de devenir une cité du design.

Et c'est là que Virgile sort de chez lui pour aller voir un ami artiste... Dès lors, démarre une nuit un peu dingue, généreusement arrosée de whisky et de rhum arrangé. Mission: rapporter des livres à l'artiste, trimballer une œuvre d'art, tout en jonglant avec les autodéclarations de sortie et la possible rencontre des flics, qui oblige à prendre des chemins de traverse en pleine ville. Il y eut "la Traversée de Paris", il y a désormais "la Traversée de Saint-Etienne", matière d'un guide qui sait installer ainsi une certaine tension dramatique.

Celui-ci se révèle atypique, on s'y attend un peu. D'abord, il dresse le portrait de quelques personnages pittoresques, tel cet artiste vaguement paranoïaque, spécialisé dans la peinture des parties intimes féminines, qui vit non loin du cimetière de Crêt de Roc. On rencontrera aussi un barman qui a organisé des strip-teases dans un bar d'Auvergne et affecte de se déguiser en Michou (celui du cabaret parisien éponyme), un homme de théâtre surnommé Bakounain, un amateur d'oiseaux qui trouve que le covid-19 est une bénédiction, et quelques autres originaux encore. Cela, sans compter les femmes de Saint-Etienne, dont il s'efforce de cerner le caractère empreint de simplicité et d'esprit pratique.

L'épisode du bar de "La Mine", non loin du puits Couriot, fait dès lors figure de final choral d'une exploration qui aura aussi visité les cimetières (on y pense: ne pas oublier que le covid-19 a aussi tué, et que certains personnages le craignent) et plus d'un établissement public. Les lieux cités par l'auteur sont du reste authentiques. Mais il n'ira pas jusqu'à en donner les adresses: au lecteur de les chercher lors d'un passage à Saint-Etienne, ou de farfouiller dans Google pour en avoir un avant-goût. 

Au final, c'est une sacrée visite que le lecteur aura faite en se mettant à la remorque d'un Virgile qui, tel le personnage de la "Divine Comédie", visite une ville dantesque où l'enfer et le paradis peuvent aisément se mêler. S'il a de la culture, s'il a mille histoires à la bouche, ce Virgile, alter ego transparent de l'auteur, a aussi de la gouaille et un sens prononcé de la formule qui amuse. On le lit donc volontiers, mieux même: on dévore ce guide touristique gorgé d'humour. Pour donner encore davantage envie, "Saint-Etienne au temps du Coronavirus" est enrichi par les illustrations de Stéphane Montmailler. Simples et immédiatement lisibles, elles sont exécutées en blanc sur noir: c'est dans la nuit des jours comme dans celle du covid-19 que se développe l'intrigue de ce roman.

Bruno Testa, Saint-Etienne au temps du Coronavirus, Lyon, Utopia, 2024.

Le site des éditions Utopia.