mardi 29 novembre 2022

Communication politique: des clés pour décrypter l'hypnose

Kévin Finel et Jean Dupré – Manipulateurs, les femmes et les hommes politiques? Oui, comme tout un chacun: "Toute forme de communication est manipulation", déclarent Kevin Finel et Jean Dupré au début de leur ouvrage "Démocratie sous hypnose". Celui-ci se propose de déchiffrer, à l'aide des outils de l'hypnose ericksonienne et de la programmation neurolinguistique entre autres, la manière dont les personnalités politiques habillent et transmettent leurs messages.

Paru en 2012, cet ouvrage commence par expliquer le fonctionnement de certains biais cognitifs usuels, tels que le biais de simple exposition ou le biais de confirmation. Ce sont là autant d'éléments qui éclairent la manière de communiquer et de recevoir l'information. Les auteurs utilisent ensuite cette base pour illustrer de nombreuses manières qu'utilisent les politiciens pour s'adresser aux uns et aux autres et, d'une certaine manière, interagir avec eux afin de recueillir leur adhésion. 

La plus grande part du propos repose sur l'analyse du discours verbal, et il sera donc un peu question de rhétorique. En particulier, les auteurs explicitent de manière concise et abordable certaines figures de style bien connues des lettreux, allant jusqu'à donner des exemples restés célèbres – il n'y a pas encore le mémorable "Moi Président" de François Hollande dans le chapitre consacré aux anaphores (qui reposent sur l'effet de simple exposition: il s'agit de répéter une chose pour qu'elle paraisse vraie), mais il y en a d'autres: Nicolas Sarkozy s'est aussi aventuré. Et il y a encore de nombreuses autres figures, amalgames, prosopopées et autres hyperboles... 

Les exemples utilisés sont le plus souvent empruntés à des personnalités politiques françaises de premier plan, de gauche comme de droite (ça va de Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen en passant par Ségolène Royal et François Bayrou, donc), du niveau de notoriété des candidats les plus en vue aux élections présidentielles précédentes. Quelques exemples sont empruntés à l'étranger, en particulier du côté des présidents des Etats-Unis (Barack Obama, George W. Bush,...). Il convient de saluer la neutralité des auteurs, qui ne jugent pas le message politique véhiculé par ces hommes et ces femmes: seule les intéresse la manière de le véhiculer. 

En complément au langage verbal, les auteurs ne font pas l'impasse sur le langage non verbal. Leur approche s'intéresse aux photos de campagne et aux messages qu'elles semblent véhiculer, mais aussi au langage corporel, bien sûr (avec un intérêt particulier pour la notion de congruence: ce que dit le corps est-il toujours en accord avec ce que dit la parole?), et au storytelling. 

En proposant enfin des exercices "En pratique", les auteurs invitent le lecteur à observer autour de lui et à décrypter à son tour ce qu'il voit lorsque des politiques, ou d'autres personnes encore, s'expriment: un tel veut-il paraître meilleur que les autres? Tel autre veut-il se grandir, ou paraître proche des électeurs? Pour chaque aspect, les exemples sont nombreux et incluent même des photos de presse célèbres, éventuellement avec des cadrages différents qui, nécessairement, vont créer des impressions variées.

Tout cela, en rappelant bien que l'interaction des différents éléments communiqués finit par constituer un tout complexe qui fait naître des intuitions, des ressentis légitimes mais difficiles à disséquer – sans oublier qu'un seul geste, un seul mot ne fait pas un homme, ni une parole. Finalement, précisons que les auteurs se cantonnent aux procédés "honnêtes" et fréquents de manipulation, ce qui exclut entre autres le mensonge ou la dissimulation. Et qu'ils offrent avec "Démocratie sous hypnose" un manuel abordable qui offre quelques clés d'analyse aux observateurs qui veulent comprendre.

Kévin Finel et Jean Dupré, Démocratie sous hypnose, Vergèze, Thierry Souccar éditions, 2012.

Le site de Jean Dupré, celui de l'ARCHE (dirigée par Kévin Finel), celui des éditions Therry Souccar.

dimanche 27 novembre 2022

Dimanche poétique 567: Nathalie Claus

Aube

A l'orée du jour s'éveillent lentement les sentiments
Et l'on voit poindre l'espoir sans crier gare !
Il nous prend par le cou en écharpe de joie avec à coups
Et l'on tremble et frémit comme la rosée qui redonne vie
Et l'on rêve et pénètre ce jour comme la lumière entière de l'amour
Qui nous chante l'air, le soleil et la soif

A l'orée du jour se meurt doucement la nuit des tourments
Et l'on cueille ce bonheur d'un jour neuf avec coeur
Il nous surprend comme une rive sans aucune dérive
Et l'on accoste fiers et droits dans un monde qui nous reçoit
Et l'on avance comme des lances pleins de tous nos sens
Qui nous chantent l'infini, l'enfin et le demain

Nathalie Claus. Source: Bonjour Poésie.

jeudi 24 novembre 2022

De la Suisse à la Corse, les méandres d'un rapt

Jan Länden – "Leena", le premier roman de l'écrivain suisse Jan Länden, appelait une suite. Elle vient de paraître et s'intitule "Rapimentu". Le lecteur y retrouve les personnages du polar précédent, mais aussi la rigueur et le réalisme impeccables d'un auteur qui connaît la police de l'intérieur. Et force lui est de constater que ses personnages ne sont pas encore épuisés, pour ce qui concerne leur potentiel romanesque, par ce deuxième volume.

L'équipe de police judiciaire de Genève est donc de retour, autour de Leena et de quelques autres, et on la découvre toujours aussi soudée, bien que moins encline à boire des verres. Pour éviter toute homonymie avec des personnes existantes, l'auteur use d'une astuce simple: inventer des noms de famille à partir de patronymes existants et typiquement romands, par la grâce du verlan ou de la contrepèterie. Ainsi, Lambert devient Berland, Beuret devient Reubet, Duriaux devient Rudiaux (à part un oubli, p. 131...), etc. Le mélange des lettres reflète aussi le mélange des origines qui ne manque pas de se produire dans la grade ville du bout du Léman.

Dans "Rapimentu", comme le suggère le titre libellé en langue corse, il est question du rapt du fils d'un riche banquier genevois. L'auteur décrit dans le détail, avec authenticité, le travail de la police, entre stratégies, négociations, approches et poursuites. L'exercice n'est pas sans dommages et révèle, en cours de route, la part sombre de certaines âmes motivées par l'argent. Et en cours d'enquête, certains des démons qui ont hanté la policière Leena dans "Leena" sont de retour, venus harceler la "Bella Finlandese". Enfin, côté géographie également, le lecteur est gâté: de Genève, l'enquête déborde vers la France, via Marseille puis la Corse, mais aussi vers l'Italie, se ramifiant jusqu'en Calabre, d'où rayonnent les activités de la 'Ndrangheta.

Enfin, le lecteur retrouve avec Leena une personnalité très investie dans son activité policière, élément clé de l'équipe: l'écrivain ne manque jamais de souligner la déférence dont elle fait l'objet, soit par des réflexions, soit par la manière dont elle est protégée par ses collègues contre les intrusions de l'Inspection générale des services – l'occasion de mettre en scène un personnage d'inspecteur ridicule qui tranche avec le sérieux des gens de terrain. 

Mais à force de se jeter dans la gueule du loup pour faire avancer l'enquête, à force de faire des détours à l'hôpital, Leena ne s'oublie-t-elle pas elle-même? L'irruption dans sa vie du personnage de Sven, précédée de celle d'un chaton qui permet à l'auteur de relater quelques scènes attendrissantes, pourrait changer la donne... et à ce propos, la fin est à nouveau ouverte, même si les coupables sont cette fois morts ou aux mains de la justice. Affaire à suivre? Après tout, le Salvator Mundi, tableau attribué à Léonard de Vinci, apparaît un peu sous-exploité dans "Rapimentu" et pourrait être au cœur d'une nouvelle intrigue, toujours aussi rapide et trépidante.

Jan Länden, Rapimentu, Genève, Slatkine, 2022.

Le site des éditions Slatkine.

lundi 21 novembre 2022

En dédicace à Charmey samedi en fin d'après-midi!

Amies et amis lecteurs, avec ce message, je vous annonce que je dédicacerai mes ouvrages "Le Nœud de l'intrigue" (recueil de nouvelles) et "Tolle, lege!" (roman) au salon Livres en fête de Charmey (Suisse), samedi après-midi 26 novembre de 16h30 à 18h30. N'hésitez pas à passer! Je serai sur le stand de la Société fribourgeoise des écrivains.

Le stand de la Société fribourgeoise des écrivains accueillera par ailleurs, tout au long du week-end, les autrices et auteurs suivants: Marie Brulhart, Frédéric Clément, Hervé Eigenmann, Maryline Guldin, Françoise Kern, Claude Maier, Raphaël Meneghelli, Isabelle Van Wynsberghe. 

Ce petit salon aux airs de Noël avant l'heure accueillera encore d'autres auteurs, soit une cinquantaine au total. C'est un bon moment pour faire le plein de lectures bien suisses! A noter, enfin, que c'est la deuxième édition de cet événement après celle de 2019: celles de 2020 et 2021 n'ont pas pu avoir lieu, pour les raisons sanitaires que l'on sait.

Pour davantage de précisions sur l'événement: le site de Livres en Fête.
Sur la Société fribourgeoise des écrivains: le site de la Société fribourgeoise des écrivains.
Et pour mémoire, quelques retours sur mon roman "Tolle, lege!": Tolle, lege!

dimanche 20 novembre 2022

Dimanche poétique 566: Gérard Trougnou

Dans vos bras

Je ne voudrais pas rendre l’âme
Une nuit plus noire que les autres
Mais un jour de printemps
Quand les fleurs des champs
Attirent les amants

Je ne voudrais pas rendre l’âme
Un jour sombre aux éclairs d’orage
Mais un jour d’été
Quand le soleil dans le ciel
Attire l’amour dans ses rayons

Je ne voudrais pas rendre l’âme
Un jour triste comme un adieu
Mais dans vos bras Madame
Quand vos baisés pieux
Attirent en mon coeur l’émotion

Je voudrais rendre l’âme
Un matin quel que soit le temps
Mais dans vos bras Madame
Après un dernier regard
Après un dernier Je t’aime.

Gérard Trougnou (1951- ). Source: Bonjour Poésie.

samedi 19 novembre 2022

Sergueï Dovlatov: une valise, des habits et quelques histoires

Sergueï Dovlatov – Sergueï Dovlatov fait partie de ces écrivains russes exilés que le lectorat occidental a découverts après la chute du Mur de Berlin. Expatrié aux Etats-Unis mais resté russophone dans ses écrits et dans son âme, cet auteur et journaliste décédé avant l'âge à New York (1941-1990) a laissé en héritage, entre autres, un petit livre exquis intitulé "La Valise".

Une valise, l'auteur le suggère dès le début, c'est le réceptacle d'une vie lorsqu'il s'agit, pour un ressortissant de l'URSS, de quitter son pays: le bagage maximal est de trois valises, en effet. De manière concise, le narrateur, qui n'est autre que l'auteur lui-même, se demande dans un premier temps comment faire tenir sa vie dans trois valises. 

Puis, faisant le tri dans son logis comme dans sa vie, il constate qu'une seule suffira, de qualité médiocre, mal ficelée. Et encore: ce n'est pas tout de suite qu'il l'ouvrira, une fois qu'il aura refait sa vie à New York. Belle illustration du détachement face aux choses matérielles! Et qui plus est, en ramenant sans arrêt son propos à cette valise, l'auteur réussit à capter l'intérêt du lecteur vers ce bagage dérisoire, a priori inutile. Intérêt justifié: par la grâce de l'écrivain, le bagage superfétatoire, relégué dans un placard pendant de longues années, devient indispensable. En effet, en ouvrant sa valise, c'est la malle aux souvenirs à raconter que l'écrivain ouvre.

Après cette intro chargée de sens, l'auteur aménage son livre à la manière d'un recueil de nouvelles drôles et tendres, chacune rattachée à l'un des vêtements qui ont trouvé place dans la fameuse valise lorsque l'auteur a quitté Leningrad. Là, le lecteur avide d'histoires drôles et décalées va s'amuser, qu'il ait ou non connu le monde communiste dans sa chair. Il sera donc entre autres question de marché noir à partir d'un trafic de chaussettes en crêpe vertes venues de Finlande, ou d'un costume "convenable" que la rédaction qui emploie Dovlatov consent à lui offrir comme tenue de travail: en effet, le camarade Sergueï Dovlatov, en qualité de journaliste, doit faire bonne figure lorsqu'il va sur le terrain.

L'humour de situation est omniprésent et fait revivre les temps un peu fous, parfois même absurdes, du communisme à l'époque de l'URSS, sur une période qui va des années 1960 à 1980. L'auteur brocarde avec le sourire les coulisses alcoolisées de la création d'une sculpture du scientifique Mikhaïl Lomonossov destinée à une station de métro (avec en prime une leçon de logistique appliquée au métro de Leningrad, creusé très profond) ou la vérité des mères de familles nombreuses, mais peu désireuses que ça s'ébruite. Il sera même question d'un temps au goulag, où l'on finit par se demander qui est qui est fou, qui est coupable et qui est gardien. Autant d'anecdotes ou de tranches de vie magnifiées par l'art de conteur de l'écrivain. 

Constamment suspect d'indiscipline en URSS, Sergueï Dovlatov n'a guère été publié comme écrivain dans son pays, et c'est aux Etats-Unis que ses œuvres ont enfin commencé à paraître. Ce n'est que justice si les éditeurs d'Europe le publient aujourd'hui. La présente chronique fait référence à une nouvelle traduction du russe signée Jacques Michaut-Paternò, réussie et accrocheuse à un ou deux détails près – qu'est-ce qu'un "flow-master" (p. 21)? Ne serait-ce pas un style-feutre (фломастер)? Cette version est enrichie d'une interview de l'auteur, parue en 1988 et évoquant le regard de l'écrivain émigré, et d'une chronologie. Ces deux éléments sont transmis au public francophone par le chercheur et traducteur Boris Siemaszko. 

Sergueï Dovlatov, La valise, Genève, La Baconnière, 2021, traduction par Jacques Michaut-Paternò, documentation par Boris Siemaszko.

Le site des éditions La Baconnière.

vendredi 18 novembre 2022

Ordre du Temple Solaire: le désenchantement en témoignage

Thierry Huguenin – Survenus au mitan des années 1990, les événements tragiques liés à la fin de l'Ordre du Temple solaire (OTS) sont restés dans les mémoires, en Suisse romande et ailleurs: 53 personnes y ont trouvé la mort, dans ce qui a tout d'un massacre déguisé en suicide collectif. Dans "Le 54e", c'est le seul rescapé, et de justesse, qui s'exprime: Thierry Huguenin y relate son parcours de vie, avant et pendant son activité au sein de l'OTS – cette secte fondée sur des idées qui empruntent aux Templiers, à la Rose-Croix et à des cultes égyptiens, assez dans l'esprit d'une époque, la fin du XXe siècle, où l'ésotérisme façon New Age, substitut d'un christianisme largement dévalué, était à la mode. 

Cela date un peu, me dira-t-on. Voire! Rédigé en collaboration avec le journaliste et écrivain Lionel Duroy peu après les tragédies de Cheiry, Salvan et Morin Heights (nuit du 4 au 5 octobre 1994), l'ouvrage donne la parole à un homme qui, revenu de ses illusions, est capable d'en analyser froidement les ressorts et de les restituer avec rigueur. Il suffit de suivre le personnage de Jo Di Mambro, gourou de la secte, pour comprendre les mécanismes de la manipulation. Et d'observer Thierry Huguenin en train de raconter sa descente aux enfers pour distinguer ceux de la crédulité et du refus de la raison une fois qu'on s'est enferré dans une illusion. 

Thierry Huguenin se présente comme un homme fils de parents aux vocations contrariées, devenus eux-mêmes étouffants: une mère qui empêche que son fils vole de ses propres ailes en exigeant sa présence constante, substitut d'un père volage qui a fini par partir avec une femme plus jeune. Ainsi, le narrateur renonce à plusieurs vocations qui lui auraient permis de laisser sa sensibilité s'épanouir: celles de pasteur ou de médecin, inaccessibles en raison de ses résultats scolaires, ou celle de coopérant dans une ONG, exigeant un éloignement jugé insupportable par sa mère. Contraint à une profession de prothésiste dentaire trop terre à terre pour lui, il se laisse embarquer dans une mouvance ésotérique, ancêtre de l'OTS, développée entre autres autour du livre "Les grands initiés" de Bernard Schuré. Quelques flatteries à base de réincarnations, et le voilà ferré... Ce début d'ouvrage peut paraître un poil long à celui qui veut en savoir plus sur l'OTS; mais il est indispensable pour bien comprendre ce qui a pu amener un homme dans un tel trip.

Le témoignage est donc celui d'un initié, dans tous les sens du terme. Il observe un groupe de personnes désireuses de vivre en communauté selon quelques règles, supportant une vie rigoureuse pour complaire à d'obscurs maîtres. Peu à peu, la rigueur va s'installer, confinant à l'inhumanité. Le gourou, Jo Di Mambro, apparaît comme un manipulateur mythomane, fin psychologue, qui souffle adroitement le chaud et le froid. Il a réponse à tout, bricole des mises en scène destinées à frapper les esprits, et fait constamment référence à ses "maîtres de Zurich", dont on suppose qu'ils sont importants mais que personne n'a jamais vus. Sous couvert de recherche de l'énergie sexuelle, il brise les ménages et crée les couples à sa guise. Et enfin, il sait capter des personnes à fort capital symbolique et financier dans son projet sectaire. On y trouve entre autres un certain Stéphane Junod, derrière lequel on peut reconnaître le chef d'orchestre Michel Tabachnik, peut-être plus impliqué qu'il ne veut bien l'admettre – pour la petite histoire, Julien Sansonnens reprendra ce faux nom dans son ouvrage "L'Enfant aux étoiles", consacré au même thème, vu à travers les yeux de Nanou, l'"enfant cosmique".

Enfin, l'auteur retrace, avec des mots simples, directs et surtout désenchantés, la dérive de l'OTS vers un mouvement qui, sous couvert de survivalisme post-apocalyptique (on jardine beaucoup à l'OTS, et l'on vit volontiers dans des fermes, comme à Cheiry), se lance dans des délires toujours plus vastes qui masquent mal des dérives financières et des difficultés croissantes à masquer la supercherie: les flashes et les apparitions du Saint Graal vus lors des cérémonies ne sont que des mises en scène, dérisoires une fois qu'on a compris le truc et qu'on a accepté d'y croire. Et le bilan s'avère lamentable: 53 morts au moment où "Le 54e" a paru, et beaucoup de casse matérielle et sociale pour l'entourage des adeptes. L'auteur considère qu'il s'agit bel et bien d'un massacre, destiné à éliminer ceux qui savent sous couvert d'un dernier "transit vers Sirius". Une issue inéluctable? Pour les patrons, Jo Di Mambro et Luc Jouret en tête, c'est l'issue fatale de ce qu'on peut voir comme une fuite en avant, portée par le désir d'emporter le secret dans la tombe, avec les adeptes – qu'ils aient ou non flairé l'arnaque.

Thierry Huguenin, Le 54e, Paris, France Loisirs, 1995.