Rachel Zufferey – C'est samedi, c'est club! Du moins en matière de livres... Signé de la romancière suisse Rachel Zufferey, "Le Club" place au centre de son intrigue Jessica, propriétaire d'un club, héritage familial un peu fatigué mais auquel elle tient. Or, autour d'elle, tout le monde n'est pas de cet avis. Et lorsque les sentiments viennent se mêler aux affaires, tout devient rapidement tendu, jusqu'à une issue tragique.
Elle a pourtant tout pour être heureuse, Jessica: du succès dans son métier de danseuse, un compagnon possessif mais apparemment attentionné, une meilleure amie nommée Clarisse. Tout semble rouler pour elle à l'orée d'une trentaine où elle joue sagement son rôle. Tout est remis en cause lorsqu'un homme d'affaires au tempérament volcanique fait irruption dans sa vie: Morgan Burns le bien nommé. Il ne manque pas de morgue, et la passion va brûler Jessica tout au long du livre.
L'autrice excelle à recréer les ambiances électriques qui ne manquent pas de naître entre elle un bonhomme qu'on imagine avec le physique de beau gosse et les attitudes brusques d'un Donald Trump jeune. Reste que face à Jessica, il s'avère l'homme parfait, presque trop, mais l'amour est aveugle!... Face à Morgan Burns, se trouve le compagnon de Jessica, Pierce. Le lecteur sent d'emblée que quelque chose cloche avec lui, et les masques finiront par tomber, révélant crûment les zones d'ombre et de violence qui le hantent.
Dès lors, l'action vire au duel, sur deux niveaux: il y a la tendre guerre que se livrent Jessica et Morgan à chacune de leurs rencontres, plus ou moins professionnelles ou fortuites, dépeintes avec sensualité par l'autrice, et le combat sans merci que Morgan et Pierce se livrent autour du club et, surtout, du cœur de Jessica. Une Jessica qui, de son côté, voit son entourage victime d'agressions suspectes qui donnent une touche policière à cette romance moderne.
Et puis, l'action se passe à Paris, capitale des arts. On peut regretter de ne pas sentir suffisamment la ville lumière, en particulier en raison de la prépondérance de noms à consonance anglaise utilisés pour les personnages. Mais qu'on ne s'inquiète pas trop: le lecteur verra quand même bien la Seine, de nuit, et s'y promènera pieds nus, dans une belle scène de complicité transgressive, avec les amants que ce "Le Club" met en avant.
Du "Club", le lecteur garde le souvenir d'une romance solidement menée, caractérisée par des ambiances constamment tendues où les enjeux du cœur et ceux des affaires se mêlent intimement pour créer une succession de situations explosives ménagées dans un contexte bien glamour. Tout est réuni pour que ce roman se dévore, et le but est atteint!
Rachel Zufferey, Le Club, Bernay, City Editions, 2019.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Allez-y, lâchez-vous!