lundi 11 décembre 2017

Comme venu d'Egypte, un hommage à San-Antonio

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Luc Doyelle – Une intrigue policière délirante, des enquêteurs brindezingues, des jeux de mots en cascade, un univers loufoque en un mot. Tel est le cocktail littéraire qu'a concocté Luc Doyelle pour son dernier roman, "L'Ennui du mort-vivant". Qu'on imagine, enfin: Lucius von Lucius, alter ego rêvé de l'auteur peut-être, se consacre à la thanatopraxie à ses heures perdues. Cela dit, le cadavre de ce roman va lui donner du fil (de suture) à retordre.


Plongeant dans l'Egypte actuelle, mettant en scène un grand vizir improbable, le prologue a quelque chose de déroutant. Au fil (dentaire) du roman, toutefois on comprend de quoi il s'agit: qu'on vole un parchemin rare, et le lien avec l'Egypte ancienne, celles des dieux et des parchemins improbables, est fait. Lien indispensable pour donner une assise au personnage du mort-vivant. Un mort-vivant qui semble avoir neuf vies... permettant à l'écrivain de générer avec succès un humour de répétition de bon aloi.

Certes, l'intrigue policière avance de manière étrange et un brin cahotante, son principe consistant davantage à amuser le lecteur qu'à lui faire découvrir les arcanes méconnus d'un commissariat d'une ville qui pourrait s'appeler Paris. Il est à relever qu'une partie non négligeable de l'enquête se passe au bistrot, un peu comme dans "Le Dragon de Gérimont" de Lefter da Cunha. L'amusement passe par des personnages hauts en couleur, parmi lesquels on relèvera la plantureuse Monica Beluga, qui aimerait bien se faire Lucius (qui refuse) et a un accent terrible et propice aux jeux de mots luxurieux. Le lecteur familier de l'écrivain reconnaît aussi des personnages et éléments venus d'autres romans, à l'instar de Nestor Boyaux ou de Kryptonite, dit "Le vrai con malté".

Jeu de mots, ai-je dit... L'auteur en est indéniablement friand, et prend plaisir à partager quelques bonnes blagues avec ses lecteurs, au fil (résorbable) du récit. Certaines ont un parfum de déjà-vu, empruntées qu'elles sont, le plus souvent, à San-Antonio – dûment cité en cours de roman, du reste. D'autres trouvailles verbales, plus originales, sont d'autant plus délicieuses. Cela, sans oublier les situations improbables, ni le jeu des notes de bas de page.

Plus qu'un polar à l'intrigue massive (même si celle-ci tient la route), "L'Ennui du mort-vivant" a donc tout d'un hommage à San-Antonio et à son inventivité verbale débordante. C'est aussi un roman qui a le sens du rythme et des dialogues (qu'on pense à ce geek qui joue au poker en ligne) et se lit aisément. Autant dire qu'au fil (d'Ariane) des pages, le lecteur va sourire plus d'une fois, voire éclater de rire, de bon cœur. Cela, jusqu'à la scène finale, qui se passe dans un crématorium...

Luc Doyelle, L'Ennui du mort-vivant, auto-édition, 2017.

Lu en partenariat avec SimPlement.pro; merci à Luc Doyelle pour l'envoi!

Ce roman a aussi été chroniqué par Au fil des livres, Gabrielle Viszs, JoeLes Yeux FertilesMcChipie, Sandra VoetSixte.

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