jeudi 29 décembre 2022

Christian Signol: au-delà du pittoresque, le terroir comme point de départ vers l'essentiel

Christian Signol – Un début d'intrigue, quelques mots précis choisis pour que tout soit réaliste: dès les premières pages, l'écrivain Christian Signol plonge les lecteurs de " Là où vivent les hommes" dans un univers de terroir français, du côté de la Lozère. Il évite cependant l'écueil du pittoresque régionaliste en évoquant les thèmes qui, depuis toujours, travaillent l'humanité: le rapport à la nature et aux animaux, l'eau comme liquide nourricier indispensable (sous sa forme liquide, rare dans la région, comme sous sa forme saisonnière de neige), le lien avec notre compagne la mort animale comme humaine et la possibilité d'une transcendance, symbolisée par ces étoiles qu'Etienne et Achille observent si souvent.

Dès le départ, c'est par le procédé de la rétention d'information que l'écrivain captive l'écrivain: qui est cet Etienne, et que lui est-il arrivé dans sa vie pour qu'il se retrouve à la fuir dans un région où seuls vivent des bergers et des moutons? C'est même par hasard qu'il se retrouve en présence de Louise et Achille, deux aînés qui s'occupent d'une bergerie avec le talent et l'amour qui viennent avec les années d'expérience. 

Et ce n'est que peu à peu, poussé par une curiosité doucement attisée, qu'Etienne, le citadin, se révèle aux lecteurs, avec ses drames personnels. Il y a le décès accidentel et tragique de sa compagne Julie, mais aussi la prise de conscience du faible sens que porte son métier, au-delà de son caractère lucratif. L'auteur a la facilité de ne pas en dire grand-chose, peut-on penser; mais après tout, ce n'est pas si important dans le déroulement d'une intrigue autrement plus profonde, voire cosmique.

Le lecteur découvre peu à peu le mystère qui entoure Etienne. Comme en harmonie, la nature et le monde rural se révèlent à lui, guidé qu'il est par Louise et Achille. L'auteur prend soin de dessiner la force et l'authenticité des liens qui se construisent entre ces deux vieillards et Etienne le citadin; par contraste, il dit aussi la perversité des liens familiaux biologiques dessinés entre Etienne et sa mère, surtout soucieuse que son fils ait une situation stable, raisonnable et lucrative. Cette mère, l'auteur en indique aussi le tempérament quelque peu manipulateur: si Etienne doit gagner sa vie, n'est-ce pas avant tout pour elle, pour lui faire plaisir?

Loin de déconstruire le monde idéalisé de la vie dans la campagne la plus sauvage ou de se livrer à une critique agressive, l'écrivain prend le parti d'en dessiner la profondeur, quitte à ce que la vision des choses apparaisse quelque peu romantique, idéalisée par-delà les difficultés. L'auteur développe plutôt le thème convenu de la richesse de la vie proche de la nature, valorisée et opposée à une existence urbaine, parisienne en l'occurrence, vue comme aliénante bien que matériellement satisfaisante. La structure même du roman, fondée en quatre partie qui sont autant de saisons, suggère la prédominance de la nature sur l'action humaine.

Ainsi, le lecteur se trouve plongé dans un espace littéraire rassurant et classique que l'écrivain maîtrise cependant à la perfection. Ce qui lui permet de transmettre quelques idées bénéfiques en rapport avec le monde rural et la nature, loin des écrans et des trépidations d'une vie urbaine vaine. En montrant peu à peu la transformation d'Etienne l'urbain, c'est l'histoire d'une reconnexion bénéfique à l'essentiel, voire à l'au-delà, que l'auteur relate, page après page. Et le lecteur se souvient, au fil des pages, qu'on voit mieux les étoiles en Lozère qu'à Paris, et que la pollution lumineuse n'en est pas la seule raison.

Christian Signol, Là où vivent les hommes, Paris, Albin Michel, 2021.

Le site des éditions Albin Michel.

Lu par Gilles Pudlowski.

mercredi 28 décembre 2022

Des photos de sorcières et sorciers pour rappeler les bûchers d'aujourd'hui

Anne Voeffray – Ce sont quelques dizaines de portraits que la photographe Anne Voeffray livre au lecteur dans son dernier ouvrage, "Sorcières". Face, profil: ils se présentent à la manière de photographies anthropométriques telles que les a conçues le criminologue Alphonse Bertillon. Et quelques commentaires les alimentent. 

Intrigant, un peu sombre dans sa confection en noir et blanc, l'ouvrage d'Anne Voeffray s'inspire de la figure féministe historique de la sorcière, destinée au bûcher, telle que décrite par Mona Chollet: libre donc suspecte, puissante d'une manière qui échappe quelque peu à la raison, sujette à la critique voire pire en raison de sa propension à ne pas rester dans les clous, autrefois dictés par un christianisme dominant voire écrasant. Et elle la revisite pour montrer qu'elle a toujours son actualité.

Le choix des quelques dizaines de personnes photographiées n'est pas dû au hasard, ou si peu. On y rencontre 80% de femmes et 20% d'hommes, plus quelques personnes non encore adultes, dans le respect des proportions de personnes condamnées pour sorcellerie au temps jadis – et même un chien. Les personnes prises en photo, enfin, sont tantôt anonymes, tantôt bien connues du landerneau suisse romand. 

Chacune et chacun de ces sujets vit une forme de liberté par rapport à une doxa considérée comme difficilement attaquable – et pourrait donc passer pour "sorcier" d'aujourd'hui. "Raisons de la suspicion de sorcellerie": c'est dans cette rubrique d'une mise en forme répétitive du commentaire que se trouve l'acte d'accusation, résumé en quelques mots. 

Cet acte d'accusation peut prendre la forme de l'affirmation d'un trait de caractère qui a pu surprendre, dérouter ou faire peur par son caractère marqué. Force est de relever aussi, en découvrant le portrait de face et de profil de certaines personnes intégrées à "Sorcières" et qui ont défrayé l'actualité en raison de leurs opinions ou de leurs créations, que les bûchers sont toujours allumés, en particulier sous forme médiatique: blogueuse incendiée dans les commentaires de ses billets, humoriste victime du harcèlement d'activistes, etc.

Présentés sous forme de formulaires, les portraits sont complétés par des commentaires administratifs où le sérieux froid jusqu'à l'absurde (description des oreilles, technique et répétitive) côtoie les pointes d'humour. Ainsi, la rubrique du "sexe", intuitivement binaire, est une porte ouverte à quelques commentaires amusés de la part des personnes photographiées: voilà bien une volonté de sortir des deux (parfois trois, depuis peu) cases habituellement offertes pour ce sujet. De même pour la question relative aux enfants. 

Enfin, les personnes vues dans le livre "Sorcières" se voient questionnées sur le thème du "chat". Animal fétiche des sorcières et sorciers, façon Azraël dans les Schtroumpfs? Peut-être. Certaines réponses peuvent paraître conventionnelles, d'autres prennent le parti de s'amuser avec la rubrique, placée, à dessein peut-être, juste après celle des enfants. 

Dans une démarche à la fois féministe et humaniste, la photographe Anne Voeffray s'empare du motif de la sorcière (ou du sorcier) forcément coupable et en dresse l'acte d'accusation, dans un style à la fois froidement formel et chaleureusement souriant. Et face aux personnes qu'il a pu reconnaître comme face aux anonymes, et face à chaque acte d'accusation, le lecteur est invité à se demander s'il aurait, lui ou elle aussi, dressé un bûcher.

Anne Voeffray, Sorcières, Lausanne, Anne Voeffray et BSN Press, 2022. Préface de Barbara Polla.

Le site d'Anne Voeffray, celui des éditions BSN Press

mardi 27 décembre 2022

"Un samedi au club": Laurent Schlittler monte au filet

Laurent Schlittler – En une poignée de pages rapides et efficaces, l'écrivain suisse Laurent Schlittler réussit à décrire dans son roman "Un samedi au club" tout un écosystème qui évolue autour d'un club de tennis un peu trop proche d'un quartier résidentiel. Les échanges de balles sur le court font ainsi écho aux tensions qui ne manquent pas de naître entre des personnages divers qui poursuivent chacun leurs objectifs. 

En abordant cette lecture, il est permis de penser à "La guerre du golf", roman de Georges Ottino, qui décrit les hiérarchies sociales à l'œuvre dans le domaine du golf, un autre sport connoté chic. En s'ouvrant aux relations entre les résidents et le club de tennis, médiocre mais considéré comme le lieu d'un certain statut social, cependant, l'écrivain Laurent Schlittler choisit d'aller plus loin, tout en étant plus dense dans son propos.

Parmi d'autres personnages, le lecteur va donc se trouver en présence de Brian Gollo, un jeune contrôleur des transports publics qui cherche sa place dans une société dont il n'a pas forcément les codes, la famille Favre membre d'une communauté religieuse évangélique un peu trop prosélyte, Manfred Jungöz le marchand d'articles de sport et sa jeune vendeuse Jane alias Kimea, et surtout l'envoûtante Gisela Concci.

A travers celle-ci, l'écrivain revisite le motif littéraire et féministe de la "sorcière", femme mûre à la fois libre et atypique, émancipée et active: c'est elle qui, dans ce roman, ira à l'encontre d'un mode de fonctionnement apparemment satisfaisant pour tout le monde en lançant une pétition contre l'éclairage nocturne du club de tennis. Elle trouve face à elle une adversité de taille, faite d'individus qui ont tout intérêt à ce que le club continue de fonctionner comme il le fait, quitte à en accepter des désagréments dont les riverains, en fait, profitent. Redoutable inertie!

Et c'est lors d'un tournoi organisé le samedi au club que tout se cristallise. Marchant dans telle ou telle nouvelle de "Dieu vous garde des femmes!" de Michel de Saint-Pierre, l'auteur en dit le caractère dérisoire: il s'agit du "Tournoi des Non Classés", soit de parfaits amateurs plus ou moins adroits – arbitre inclus. En effet, en décrivant le match fatidique que joue Brian Gollo face à Tobias Mann, un jeune homme comme Brian Gollo en a morigéné plus d'un dans le cadre de son activité professionnelle, l'écrivain suggère que la limite entre le sport et la vraie vie est poreuse et qu'une remarque mal comprise peut aussi passer pour une insulte trop entendue. Qui va gagner, et comment? L'épilogue dira le fin mot de l'affaire.

"Un samedi au club" adopte tour à tour le point de vue de ses personnages majeurs, soit à la première personne, qui rapproche (Brian Gollo), soit avec le recul de la troisième personne. Il en résulte un regard à la fois divers et précis sur un petit monde de gens qui n'ont apparemment rien à faire entre eux (l'auteur le souligne en donnant à chacune et à chacun des noms venus d'ici et d'ailleurs, apparemment au hasard) et que les circonstances de la vie ont rapprochés. 

Un peu comme dans la société suisse? L'auteur ne localise jamais précisément son intrigue, mais quelques toponymes (les Clages, entre autres), suggèrent que c'est bien au pays de Guillaume Tell que ça se passe, dans un coin si peu profilé, genre périphérie d'une ville jamais nommée, que son identité importe peu. Un lieu à peine nommé, des personnages ordinaires vivant leur vie ordinaire dans un lotissement ordinaire, quoi de mieux pour construire une intrigue universelle, portée par un sport que tout le monde connaît? Les tensions décrites dans "Un samedi au club" sont bel et bien familières. D'où qu'on soit, voilà donc un petit livre à déguster, rythmé par le bruit des échanges de balles et du gicleur qui humecte les courts.

Laurent Schlittler, Un samedi au club, Vevey, Hélice Hélas, 2021.

Le site des éditions Hélice Hélas.

lundi 26 décembre 2022

"Mad": Alvina apprend vite, il suffit de bien la motiver...

Chloé Esposito – On l'aime bien, Alvina Knightly, avec son vécu d'éternelle paumée dans la vie, victime d'un manque d'amour familial et, peut-être, d'un léger handicap résultant du fait que son cordon ombilical s'est enroulé autour de son cou avant sa naissance. Mais voilà: on l'aimera de loin, de préférence: "Mad" relate en effet son vécu de jeune femme célibataire au surmoi déglingué, opportuniste, avide de sang, de fric et de sexe. 

Sa sœur jumelle Elizabeth, prénommée d'après la reine d'Angleterre, va lui demander un service auquel Alvina va se sentir obligée de répondre favorablement, coincée par les circonstances de sa piètre vie londonienne. Coup sur coup, en effet, Alvina a été virée de son travail de vendeuse d'annonces de presse et expulsée de l'appartement qu'elle partage avec deux junkies. Résultat: elle part pour la Sicile afin de prendre pour quelques heures la place de sa sœur, mariée et mère, adulée et riche à millions. Bien sûr, c'est un piège et rien ne va se passer comme prévu en cette terre de mafia...

Alors oui, vu comme ça, il est permis de penser à Bridget Jones quand on voit évoluer la Miss Catastrophes qu'est Alvina Knightly au début de ce roman. Mais voilà: le génie de l'auteure de "Mad" est de lui avoir donné un supplément de saveur en lui conférant un caractère marqué par une appétence sans retenue pour les sept péchés capitaux (qui donnent leur nom aux sections du roman) et en faisant évoluer son intrigue sur le mode du thriller bien trash.

Le sang constitue un thème récurrent de "Mad", et l'auteure lui confère une profondeur particulière en lui trouvant des racines dans l'enfance d'Alvina, l'enfant à laquelle on ne pense jamais et qui fait ses propres expériences – en l'occurrence, sucer un doigt qui saigne à la suite d'une piqûre d'épingle: l'auteure en fait un moment fondateur aussi marquant qu'un orgasme. Le sang, c'est aussi celui de la famille, inégalitaire s'il en est: alors qu'Alvina et Elizabeth partagent le même sang, tout sépare Elizabeth l'enfant sage et chérie et sa sœur laissée pour compte. 

Et comme le lecteur est lancé dans une dynamique de thriller, le sang va bientôt couler, par la grâce d'Alvina. Une Alvina qui y trouve son plaisir! La romancière lance un clin d'œil malicieux du côté de ces romans feel-good fondés sur les grosses ficelles du développement personnel en page 422, et force est de constater que c'est vrai: dans un roman feel-good comme dans "Mad", on a des personnages qui trouvent leur voie dans l'adversité. Cuisiner des muffins pour les clients d'une librairie-salon de thé ou zigouiller des gêneurs et vivre d'adrénaline, après tout, c'est le même combat pour le bonheur...

Franchement percutant et addictif, plein de beaux Italiens plus ou moins bien membrés (Ambrogio déçoit, Nino épate!), "Mad" est porté par une narration qui associe le souci du détail, voire une certaine lenteur résultant du travail minutieux des scènes et péripéties, à une sensation de rapidité qui naît du soin porté au rythme des phrases. Alvina est la narratrice, elle parle vite, et le lecteur ne manque pas d'être envoûté par son verbe volubile et juste, porteur d'un propos glaçant d'amoralité – celui d'une jeune femme qui marche au fric, au cul, au sang et au feu, et qui découvre qu'en fait, elle apprend vite, pourvu qu'elle bénéficie des bonnes motivations. Comme quoi, l'école de la vie, il n'y a que ça de vrai.

Chloé Esposito, Mad, Paris, Fleuve Noir, 2018. Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Laura Contartese.

dimanche 25 décembre 2022

Aux racines du conspirationnisme

Anonyme – En s'assumant comme conspirationniste, en se libérant du "surmoi" suspect du terme, le "Manifeste conspirationniste", ouvrage anonyme qu'on a prêté au Collectif invisible ou au penseur Julien Coupat, s'offre le luxe d'une lecture non conformiste, radicale, de la crise de covid-19 que l'humanité a traversée depuis la fin 2019. Info ou intox? Au lecteur de juger.

L'ouvrage s'offre le luxe de distinguer entre complotisme, soit une attitude qui fonctionne entre un nombre réduit de personnes bien définies, et conspirationnisme, qui serait quelque chose de plus diffus, allant jusqu'à concerner tout un chacun. Les auteurs évoquent dès lors quelques éléments qui suggèrent que du côté des décideurs, l'éventualité d'une pandémie était considérée comme un scénario probable et entraîné – les auteurs évoquent entre autres l'Event 201, exercice cité par certaines sources classées complotistes (le film "Hold-up", par exemple), mais aussi par Philippe de Villiers dans "Le jour d'après".

Selon les auteurs du "Manifeste conspirationniste", de tels exercices (il y en a eu d'autres) s'inscriraient dans la doctrine américaine de défense de la "Preparedness", qui rapproche la sécurité militaire et la sécurité sanitaire – quitte à utiliser sans discernement les méthodes de l'une pour assurer l'autre. Le "Manifeste conspirationniste", et c'est évidemment regrettable, tend à sous-évaluer le caractère effectivement dangereux du covid-19 tel qu'il est apparu du côté de Wuhan, que ce soit dans un laboratoire ou sur un marché – ce caractère est mis en évidence dans le journal extime "Wuhan, ville close" de Fang Fang, journaliste wuhanaise donc témoin privilégiée. 

Ce qu'il rappelle en revanche, c'est que mesures ou pas, le virus a trouvé dans les sociétés occidentales un terrain idéal pour prospérer. Il indique que c'est aussi la faute d'options et de politiques de santé publique discutables, voire suicidaires: sédentarisation des personnes, nourriture industrielle peu saine, mais aussi place excessivement centrale attribuée à l'hôpital face à la médecine de ville, conventionnelle ou alternative – je reste prudent sur cette dernière, mais Fang Fang relevait aussi, dans son ouvrage, que la médecine chinoise traditionnelle a été tentée pour contrer le virus.

Suit dès lors une critique radicale du mode de vie américain, dans ses racines mais aussi tel qu'il s'est exporté dans les sociétés occidentales: on voit ainsi le milliardaire Rockefeller se racheter une vertu dans le domaine de la santé après une première vie passée à s'enrichir de manière immorale pour ne pas dire illégale. Les auteurs mettent aussi en avant la vanité des statistiques, aisément fausses et impuissantes, froides et inhumaines qu'elles sont, à dire la vérité et la richesse de l'existence humaine. 

Enfin, les auteurs relèvent certains errements et biais cognitifs des scientifiques et fonctionnaires de la santé qu'on a beaucoup entendus ces dernières années, en particulier le "tunneling", qui les a empêchés de voir les dégâts collatéraux infligés à l'humanité, à la société (un mot que les auteurs critiquent, d'ailleurs, en raison de son caractère artificiel, construit), aux individus, aux libertés, au nom de la seule lutte contre le covid-19. Cela, sans oublier les forces qui ont contribué à diviser et disqualifier les uns et les autres sur la base d'opinions, ni les éléments significatifs d'une volonté de contrôle de la part de décideurs haut placés, pas nécessairement élus donc pas forcément représentatifs.

Et en refermant ce livre, le lecteur s'interroge. Y a-t-il un complot concerté? Sans doute pas, à mon avis. Des opportunismes à la manœuvre? Sans doute, notamment du côté des potentialités de surveillance offertes par le numérique, et soudain révélées (suspicion sur l'argent cash,...) – on pense à Klaus Schwab et à son "Great Reset", cité par les auteurs, qui l'ont lu. 

Richement documenté, quitte à perdre un peu un lectorat qui rechercherait ici une simple analyse de la crise du covid-19, ce livre ne peut qu'entrer en résonance avec l'une ou l'autre expérience vécue par le lectorat: un proche décédé du covid-19, un autre mort des effets secondaires de quelque vaccin. Voilà qui sera émotionnel! Cela, comme le sont les illustrations, qui reprennent les éléments les plus anxiogènes et insupportables de certaines campagnes institutionnelles: de la part de ses propres autorités, comment un citoyen peut-il accepter de tels messages?

Anonyme, Manifeste conspirationniste, Paris, Seuil, 2022.

Le site des éditions du Seuil.

Joyeux Noël!

Voici que commence un jour particulier... peut-être me lirez-vous aux heures où je serai face aux orgues de l'église de Morlon pour la messe du jour de la Nativité. Qui que vous soyez: habitué de ce blog ou promeneur du web, heureux de votre solitude ou réjoui de passer cette journée avec ceux qui vous sont chers, je vous souhaite, ainsi qu'à vos proches, un Joyeux Noël!

Source de la photo: RTL.

dimanche 18 décembre 2022

Dimanche poétique 570: Laurent Mazzella

Comment Croire?

À croire la vie
Les amitiés fuient,
À croire l'amour
Le temps passe...
Le temps sépare ce qui est rare
Le temps se marre
À croire la vie,
Profitez dès aujourd'hui!
Mais où est le temps dans tout cela?
Pour l'amour dans la vie?
Où est l'âme qui m'aimera jusqu'à sa mort?
À croire la vie,
Le bonheur n'a que malheur en délivrance.

Laurent Mazzella (1980- ). Source: Bonjour Poésie.