mardi 26 mai 2026

Olive et l'horreur à travers les siècle

Olive – Un livre d'horreur qui couvre plusieurs siècles? L'écrivain Olive a relevé le défi. Cela donne "Vies et morts de Petrichor", une centaine de pages savoureuses et saignantes où l'horreur évolue sans s'effacer, au gré de récits historiques ou futuristes. Cela, sur le mode d'une roue des transmigrations qui permet des métempsycoses à l'infini ou presque: de l'âge des hommes-singes jusqu'à la fin de l'humanité, Petrichor se réincarne, change de nom, se retrouve çà et là dans le monde, avec une prédilection pour le Valais. Chapitre après chapitre, un avatar chasse l'autre.

On sent que l'auteur commence à s'amuser lorsqu'on entre au Moyen Age: les chapitres tendent à devenir un peu plus longs, et quelques astuces abominables commencent à se faire jour: le caca sans fin de tel personnage perché au-dessus des remparts, par exemple, va marquer les esprits (l'auteur use même deux fois de cet artifice, peut-être pour s'assurer que son roman aura son parfum bien caractéristique...). C'est aussi à ce moment qu'émerge un alter ego féminin, roux et doté de talents de sorcière, qui se nommera tantôt Moravia, tantôt Finn, entre autres. 

Comme dans toute bonne roue des transmigrations, il y a aussi quelques pointes vers d'autres espèces: ainsi, on se réjouit de découvrir les tribulations d'une rate particulièrement vivace et prolifique qui, à son tour, donnera le jour à une nouvelle version du personnage récurrent.

Franchissant les siècles en mode saignant et violent, l'auteur se donne l'occasion d'éblouir les humains qui le liront par la diversité des situations horribles mises en scène. Il y aura, au fil des pages, un marchand d'armes devenu riche au cours des deux premières guerres mondiales, des idéalistes montés en graine qui finissent par voter à droite, et aussi bien sûr un solide lot de scènes gore à base de membres coupés, de balles dans les poumons et de sexe furieusement décadent, tout cela décrit avec tout ce qu'il faut de complaisance. Mais Petrichor, tel un Chuck Norris qui aurait réussi, résiste à tout cela. Les transhumains mis en scène vers la fin du roman, si gracieux et malins qu'ils soient, auront-ils enfin raison de ce personnage qui sait si bien se mouler dans ses époques successives, surtout pour le pire?

Chaque chapitre de "Vies et morts de Petrichor" constituant une histoire à part entière, il est permis de dire que ce nouvel opus de la collection "Gore des Alpes" se lit un peu comme un recueil de nouvelles, ou comme un feuilleton avec ses personnages récurrents. En mettant en scène un récit qui traverse les siècles, l'auteur pose en arrière-plan un constat plutôt pessimiste: peu importent les années voire les siècles qui passent, l'humain conserve ce qu'il a de mauvais en lui et l'exprime sans vergogne, inlassablement. C'est peut-être là-dessus que Petrichor pleure, une première et dernière fois, à la toute fin du livre.

Olive, Vies et morts de Petrichor, Ardon, Gore des Alpes, 2025.

Le site des éditions Gore des Alpes.

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