lundi 22 octobre 2018

Un léger décalage pour faire rire

Flemme
Pierre Zeidler – Eh oui: il suffit d'un tout petit décalage pour qu'une vie ordinaire se transforme en source de gags irrésistibles ou vachards. C'est ce que décrit Pierre Zeidler dans "La flemme est l'avenir de l'homme", un titre qui est tout un programme. L'auteur n'est pas paresseux, gageons-le: la flemme n'est ni son avenir, ni son présent. Mais en des textes courts, qui ont l'aisance de ces blagues qu'on note sur un coin de nappe, il fait régulièrement sourire son lectorat. 


Il y a du "sens du non-sens" dans "La flemme est l'avenir de l'homme", ce recueil de textes qui, par leur caractère presque absurde, fait penser par moments à Roland Topor. Souvent, le point de départ du texte défie la raison des braves lecteurs qui s'y plongent. Mais l'auteur le développe jusqu'à le mener à ses extrêmes, dans un esprit ludique consommé qui fait mouche. Dans "Tant pis", par exemple, que va-t-il advenir de ce long-courrier qui atterrit dans le jardin du narrateur? A priori, c'est juste normal, jusqu'à ce que... 

Pour jouer la carte du délire absurde, il n'est pas interdit de s'amuser avec les mots et les situations. L'écrivain ne se gêne en aucun temps de le faire: c'est un jongleur des mots, habile et riche de son art. Du coup, les sens glissent, le lecteur patine et s'amuse... Un mot changé dans une expression suffit à ouvrir un nouveau monde, celui qu'offre le changement de point de vue. Et comme les situations sont souvent tirées du quotidien ("Monique me caresse la main", autour d'une bête question de remplacement de siphon du lavabo, ressassée comme un leitmotiv cocasse), le lecteur ne peut que s'y reconnaître.

Et qui parle? A chaque texte, c'est différent. Une fois, dans "Persévérance" par exemple, tiens, c'est une bande d'amis qui persévèrent à picoler (ben voyons, tout le monde picole dans les livres...) alors que la politique est pourrie. Une autre fois, c'est un homme qui s'exprime après une rupture. Ou alors un dîneur qui a un problème avec son plat du jour ("Monsieur est servi"). Il arrive même qu'il soit question de sieste: "L'heure de la sieste n'est pas de tout repos", ose l'auteur dans "Sieste". Celui-ci construit des intrigues qui évoquent des situations que tout un chacun a vécues, et les observe avec son regard décalé. Il arrive que ce soit un peu cruel; mais qu'importe! L'auteur prend du recul, assume son regard goguenard.

"La flemme est l'avenir de l'homme" est un amusant et astucieux recueil de textes courts, conçus comme des sketches. On peut aussi les voir comme des plages de vie vivifiées au moyen de l'absurde et de l'humour dans toutes ses couleurs, le noir inclus. Au fil des textes rapides et spontanés, écrits comme des esquisses qui font mouche, le lecteur s'amuse, rigole, tout en réfléchissant mine de rien à son regard sur le monde. "Un parmi d'autres" suggère, pour conclure, qu'une virgule plus ou moins bien ou mal placée peut transformer le message du Christ lui-même...

Pierre Zeidler, La flemme est l'avenir de l'homme, Strasbourg, Andersen, 2016.

Le site des éditions Andersen.

dimanche 21 octobre 2018

Dimanche poétique 372: Jacqueline Thévoz

Idée de Celsmoon.
Avec: Abeille, Ankya, Azilis, Chrys, Emma, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'Or rouge, La plume et la page, Maggie, Violette.

Automne

Qu'à l'automne
En ces jardins
Tu es belle, Washington,
Washington aux pieds nus baignant dans l'onde du
Potomac!
Ta tête héroïque repose au cimetière d'Arlington
Et tes seins de marbre clair sur la colline
Où la blanche Maison transmet ton coeur américain,
Au fier tic-tac,
A l'un et l'autre de ces présidents qu'on assassine...

Jacqueline Thévoz (1926- ), De la Terre au Ciel, Sierre, Editions A la Carte, 2015.

vendredi 19 octobre 2018

Un petit monde de poésie autour du cadre confiné d'un café

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Khosraw Mani – Les éditions Intervalles ont l'art de surprendre par des textes atypiques qu'on ne voit jamais venir. Ainsi, ce n'est pas tous les jours qu'on invite le lecteur francophone à lire un beau roman écrit par un écrivain afghan. Eh bien, par le biais de sa collection "Sémaphores", cette maison d'édition ose! C'est ainsi que l'on est invité à se plonger dans le petit mais beau livre de Khosraw Mani "Une petite vie". Petit livre comme une petite vie? Oui. Comme l'est celle des hommes, ou de leur imaginaire. Ou d'un décor réduit à sa plus grande modestie.


Un café? C'est là que tout se passe. Rien de plus. C'est un lieu d'hommes, relève-t-on au fil des premières pages de "Une petite vie". Un homme qui entre, d'autres qui sont là, et des interactions minimales entre eux, juste pour dire qu'on est là et se raconter des histoires. Si la présence féminine n'est pas physique, elle parvient à s'immiscer dans le café qui est au centre du récit par le biais de la musique. Cette musique est tantôt triste, tantôt joyeuse, et l'auteur les personnifie jusqu'à en faire deux personnages à part entière, allégoriques, enveloppants, sensuels. Voilà une trouvaille littéraire superbe, porteuse de sens!

Mais qu'on se rassure: l'intrigue fait aussi sa place à un véritable personnage féminin, qui entre certes en scène assez tardivement, mais va occuper une place certaine dans l'intrigue. On ne sait pas son nom, on en prendra soin cependant: elle a la fièvre. Cette fièvre participe d'un élément clé du roman: sa position sur la fragile ligne de crête entre la réalité et le rêve. Cela, tant il est vrai que la fièvre peut vous mener dans des états seconds...

Il est intéressant de relever que la femme n'est pas la seule à être un personnage pour ainsi dire anonyme, même si c'est le cas le plus flagrant. Les personnages masculins, en effet, sont affublés de noms qui sont autant de prétextes, de pieds de nez pour ainsi dire. Ainsi l'auteur nomme-t-il un homme "Monsieur Violet" sur la base d'une impression purement poétique. Plus évocateur encore, un autre personnage se nomme "Alef", un nom intéressant: première lettre de l'alphabet arabo-persan, elle ne se prononce pas en persan. Avoir un nom qui ne se prononce pas, est-ce encore être nommé?

Evanescents, presque inexistants, bercés par une musique qui n'est que sensations impalpables, ces personnages sont les acteurs d'une intrigue où la limite entre le rêve et le réel est poreuse. Cela, à telle enseigne que le lecteur est en droit de se demander si tout cela, jusqu'aux tensions qui terminent "Une petite vie", a bien existé. Sans doute, quelque part, puisque l'auteur, à petits pas, en tire un récit lent, presque statique, relaté en courts chapitres empreints d'une poésie de la récurrence. Il n'en faut pas moins pour dire le caractère fuyant du réel banal de quelques personnages anonymes, ordinaires comme nous tous, vivant leurs petites vies.

Khosraw Mani, Une petite vie, Paris, Intervalles, 2018. Traduit du dari par Khojesta Ebrahimi et Marie Vrinat-Nikolov.

Le site des éditions Intervalles.
Lu par Yves Mabon.

jeudi 18 octobre 2018

"Mort et vie d'Edith Stein", un livre sur Yann Moix

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Yann Moix – Je m'étais promis il y a quelques années de ne jamais lire Yann Moix, suite à ses sorties dans la presse au sujet de son livre "La Meute" (2010). Mais il y a prescription, et peut-être justice immanente: ce roman, où la Suisse est présentée en termes peu amènes si j'en crois les extraits que j'ai lus, s'est mal vendu. Du coup, j'ai finalement souhaité voir quand même ce que cet écrivain avait dans le ventre. Cela, avec "Mort et vie d'Edith Stein": un sujet ambitieux, un livre court, paru quant à lui en janvier 2008. A priori, c'est idéal pour entrer dans l'œuvre d'un tel écrivain.

Face à l'immensité du sujet, quel style?
Dès le départ, on est capté par la personnalité immense de... Yann Moix. Celle-ci s'exprime par le biais d'un style bien à lui, extrêmement travaillé. Il y a en particulier ce mot isolé qui fait figure d'incipit: "Amour.". Amour de l'auteur pour son sujet peut-être? Amour d'Edith Stein, athée devenue féministe puis religieuse, pour Dieu et pour les hommes, on le verra plus tard? Un peu de tout ça. Et peut-être aussi l'amour du dieu des juifs et des chrétiens.

Cette musique haletante, brisée, vient plus tard s'enrichir d'un procédé que l'auteur utilise à l'envi: le deux-points pour mettre un mot en évidence. Sans qu'on sache toujours très bien pourquoi, même après réflexion. L'auteur lui-même a du mal à ne pas parler de lui: "Elle aurait pu voir Podium!", relève-t-il (p. 22), évoquant une des bergères de Fatima, décédée en 2005. Après avoir littéralement vu la Vierge à plusieurs reprises, euh...

On peut enfin regretter certains traits d'oralité, peu judicieux ici, voire certaines formulations sujettes à caution: "Son visage est (assez) joli", lit-on ainsi (p. 40), dans une soudaine prise de distance malvenue, mise en évidence par ce "assez" placé entre parenthèses. Fallait-il rabaisser ainsi son sujet?

Une conception stéréotypée de la sainteté
Toute la première partie est consacrée à la relation de la vie d'Edith Stein, et l'on sent chez l'auteur une véritable empathie pour son sujet, empathie sans doute liée au propre parcours de l'écrivain. Celui-ci insiste lourdement sur le fait qu'il va parler d'une sainte d'aujourd'hui, suggérant à demi-mot qu'on ne canonise plus aujourd'hui, ou que les grands saints sont hommes et femmes du passé – et accessoirement que "sa" sainte est mieux que ceux de la tradition.

Dommage: il suffit d'ouvrir le journal pour savoir qu'aujourd'hui encore, Rome béatifie et canonise à tour de bras des gens qui ont été des exemples, à un échelon local (je pense à Marguerite Bays, dans mon coin) ou international (Jean Paul II). Et de se souvenir que la Toussaint est l'occasion de célébrer ces saints anonymes, que l'Eglise n'a pas distingués, mais qui ont une place dans le cœur de leurs proches. Des gens comme vous et moi, en somme: aujourd'hui encore, les saints sont partout. Edith Piaf elle-même, d'ailleurs... Vivants – et cela, l'écrivain le relève justement.

Mort et vie?
Intéressante est précisément l'inversion de la formule convenue "vie et mort", dès le titre. Intéressante et judicieuse: l'auteur brouille adroitement les pistes, suggérant qu'Edith Stein n'aura jamais été plus vivante qu'après sa mort. Un brouillage qu'on identifie dès les premières pages de "Mort et vie d'Edith Stein": "La vie d'Edith Stein se raconte au présent, même si elle est "morte" en: 1942.", lit-on. Des guillemets, une envie de dire au présent, comme si Edith Stein était devenue intemporelle. Tout est là!

Et dès lors qu'est dite la fin tragique d'Edith Stein à Auschwitz, l'auteur part dans une réflexion sur le peuple juif et Israël, son temps et son espace, sa spécificité. Il est également question de Saint Paul là-dedans... et face à toutes ces réflexions, il est permis au lecteur sans prétention de se demander si Edith Stein est encore là.

Des citations en pagaille
On l'a relevé, l'écrivain fait montre dans "Mort et vie d'Edith Stein" d'un style bien à lui, d'un style qui s'impose. A cette écriture travaillée viennent s'ajouter une myriade de citations. Des citations d'Edith Stein, dont l'auteur fait entendre la voix au début de la plupart des trente-six chapitres courts qui composent ce livre. L'auteur cite également Aldous Huxley, Karl Marx et Georg Lichtenberg en exergue, pour donner l'ambiance. Et surtout, il clôt chacun de ses chapitres par des phrases frappantes qui ont tout l'air de punchlines, d'invitations adressées au lecteur à méditer ce qui a été lu.

Styliste affirmé jouant avec des éléments tape-à-l'œil, Yann Moix est donc bien là dans "Mort et vie d'Edith Stein", au moins autant (et c'est le problème) qu'Edith Stein elle-même. C'est d'autant plus regrettable qu'on comprend malgré tout entre les lignes, et même davantage, que l'écrivain s'est sincèrement passionné pour son sujet – ce qui se traduit par une écriture rapide, urgente même. Mais en définitive, c'est surtout Yann Moix que l'on découvre dans ce livre qu'il consacre à Edith Stein. Un prétexte, Edith Stein? La question est ouverte...

Yann Moix, Mort et vie d'Edith Stein, Paris, Grasset, 2008.


mercredi 17 octobre 2018

À l'heure des liqueurs, reprendrez-vous un coup de RPG?

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Original RPG – Et si on buvait un coup, l'ami, juste pour changer? Justement, j'ai un breuvage hors norme à te proposer. Si je l'ai découvert, c'est par le pur hasard des "chefs de gare" qui se sont installés la semaine dernière en gare de Saint-Etienne Châteaucreux, comme en d'autres gares SNCF. 

L'un d'eux, le Drômois Laurent Guillot, s'est avéré malin: je cherchais des livres, pour la Fête du livre, et lui m'a proposé une liqueur. "Rhum, piment, gingembre", soit RPG en abrégé: ça s'appelle comme ça, et il y avait de quoi me rendre curieux. J'ai discuté quelques minutes avec le producteur, je suis parti, je suis revenu. Pour goûter, je lui ai pris une demi-bouteille. Et je viens de passer à l'acte. Glou! Et... ah, oui!


Quand on t'explique, en effet, tu retiens gingembre et piment. Les trucs qui arrachent, qui marquent, ceux dont tu penses que tu vas te souvenir. Mais là, c'est un peu plus compliqué. Et donc un peu plus chouette aussi. Verse ton RPG dans un petit verre, généreusement. Et mets-y le nez. Qu'est-ce que ça te dit? Agrumes, citron, mandarine peut-être. Pour moi, poire, sans hésiter. Que ces fruits sont doux... Et chaque fois que tu mettras le nez dans le verre, tu retrouveras cet agrément. Tu peux même prévoir de le boire frais, ce sera encore mieux. Mais si tu y trempes les lèvres, tu vas partir dans un tout autre voyage, alors gare à toi!

En effet, le RPG dévoile au palais les saveurs du P et du G: piment et gingembre. Dans le désordre bien sûr, comme au PMU (j'aime bien les abréviations...): en début de bouche, le gingembre t'enveloppe comme le dessert d'un petit restaurant chinois, sympa et plein d'une douceur ferme et franche, un brin piquante, dont tu ne peux refuser l'étreinte. Tout ça appelle, pourquoi pas, un dessert tel qu'une bonne boule de glace: ça devrait supporter. La glace, c'est froid? T'as raison. Mais le slogan de RPG, c'est "Chaud dedans". Ça compense, et le slogan tient ses promesses.

Chaud dedans, j'ai dit? Oui, le RPG est un liqueur à double détente: derrière, pour le soutien, il y a le goût du piment. A la première gorgée, il s'affirme en fin de bouche, voire en gorge, garantissant l'immense longueur de cette liqueur. Le souvenir gustatif est donc celui d'une boisson corsée, qui brûle non pas en raison de l'alcool, mais bien à cause des bons produits qui ont servi à le produire. Du coup, c'est aussi permis d'en boire sans glace, en plein hiver: c'est goûtu, c'est riche, c'est chaud!

Tu as bien sûr le droit de te dire que la couleur n'est pas géniale, qu'elle te rappelle le jus de pomme naturel pas top-top de ta grand ou belle-mère, qu'on pourrait travailler l'esthétique du breuvage comme le producteur a su fignoler son aspect gustatif. Mais qu'importe? Tu peux aussi considérer que cette couleur jaune un peu trouble participe au charme costaud, authentique et primesautier de ce rhum arrangé original qui, parce qu'il ne sort guère de France, présente un côté exclusif qu'on ne peut qu'apprécier, en plus de son goût indéniablement original.

Alors, santé!

Le site d'Original R. P. G.

Coordonnées du producteur: 

Laurent Guillot
61, place du Champ de Mars
26260 Charmes sur l'Herbasse (Drôme)
Tél. 06 14 14 92 03

lundi 15 octobre 2018

Marc Boivin, des paradoxes en versets zygomatiques

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Marc Boivin – Joies de la lecture d'ouvrages apparemment anecdotiques: il arrive qu'on se retrouve avec un petit bouquin bien cocasse entre les mains. Tel est l'"Evangile des idées reçues" de Marc Boivin, publié il y a quelque temps aux éditions Faim de Siècle. De Marc Boivin, on se souvient des trois volumes de "listes". C'est dans le même état d'esprit, mais sous une forme différente, que se présente l'Evangile.


Et qui dit Evangile dit "versets". Et ce sont bien des aphorismes qui se présentent comme des versets qui sont collectés dans ce petit livre. Ceux-ci sont joyeux, en général, absurdes ou décalés. L'humour de ces phrases passe volontiers par la Suisse, éventuellement par la Suisse alémanique ou par l'Union démocratique du centre (cible facile...). Ils prennent la forme de fausses statistiques, de paradoxes étranges, et même de jeux de mots plus ou moins élégants ("L'emblème de la commune de Chillon est le pruneau."). Ils jonglent aussi parfois avec les clichés qu'on prête aux uns et aux autres: Appenzellois, Suisses alémaniques, Donald Trump, etc.

Certes, certains aphorismes auraient gagné à être encore plus concis ou plus clairs, plus percutants en un mot: les plus courts sont volontiers les meilleurs. Mais le plus souvent, on s'amuse en lisant ces versets balancés sur le ton d'une évidence biblique: "À la question "Quand y a-t-il penalty?", 95% des supporters répondent: "Lorsque l'arbitre a fait une faute", lit-on par exemple.

On n'est pas tout à fait dans le style du "Dictionnaire des idées reçues" de Gustave Flaubert, mais s'il faut rechercher une parenté entre les deux livres d'idées reçues, c'est dans le sourire et la réflexion qu'ils induisent sur le monde dans lequel évoluent leurs auteurs respectifs. Le nouvel ouvrage de Marc Boivin propose en prime plusieurs illustrations de ses aphorismes par un Olivier Zappelli bien inspiré, en verve dès lors qu'il s'agit de créer des dessins absurdes et surréalistes, tout à fait en phase avec l'esprit du livre.

À lire, à rire! Et à citer à tout propos, par exemple en fin de repas...

Marc Boivin, Evangile des idées reçues, Fribourg, Faim de Siècle, 2018.

dimanche 14 octobre 2018

Dimanche poétique 371: Peggy Chabanole

Idée de Celsmoon.
Avec: Abeille, Ankya, Azilis, Chrys, Emma, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'Or rouge, La plume et la page, Maggie, Violette.

Je suis tombée

Je suis tombée,
de haut.
J'étais brisée,
en mille morceaux.
Je respirais encore
mais avachi était mon corps.
Ma poitrine oppressée,
un peu comme angoissée,
dans le brouillard j'étais.
Je suis tombée de haut,
de mon p'tit nid d'oiseau.
J'étais si bien au chaud...
Et toi, en haut tu es resté.
C'est pas facile de s'relever
Quand amoureux on est tombé!

Peggy Chabanole, A la lumière des mots, Mizérieux, Editions Claude Bussy, 2007.