vendredi 16 janvier 2026

Géraldine Lourenço sur les rails du crime

Géraldine Lourenço – Le chemin de fer comme théâtre du meurtre, idéalement en huis clos? C'est devenu une tradition depuis "Le Crime de l'Orient-Express" d'Agatha Christie. À cette locomotive romanesque, la romancière suisse Géraldine Lourenço vient accrocher son propre wagon, qui ne démérite pas: "Le crime du GoldenPass". Tout commence avec le meurtre énigmatique de Berthold Hofmann, chirurgien esthétique réputé mais controversé, à bord du compartiment de première classe d'un train touristique mythique qui relie Interlaken à Montreux. 

Mais voilà: il y a deux policiers à bord, et ils sont amants. Ce sont Laura Lambert, capitaine de police à Annecy, et Julien Morel, inspecteur de police à Fribourg, qui ont décidé de s'offrir un chic voyage pour célébrer leur amour, repas gastronomique dans un hôtel de luxe et moment de détente dans un spa inclus. Forcément, le boulot et ses réflexes les rattrapent...

Mélanger métier et passion n'est pas toujours idéal, l'auteure l'a bien compris. En désignant Laura Lambert, personnage récurrent de ses romans, comme la suspecte numéro un, une suspecte qui va même jusqu'à aggraver son cas par ses actes (mais comment peut-elle faire ça?), l'écrivaine déstabilise fortement le couple apparemment soudé qu'elle forme avec Julien Morel. Et c'est avec subtilité qu'elle le montre: un regard de Julien Morel suffit à révéler une faille, une perte de confiance.

Mais ce n'est là qu'une des pistes du "Crime du GoldenPass". Le coupable est-il d'ailleurs l'essentiel? La romancière lâche son nom à mi-roman déjà. Ce qui ne tue en aucune façon l'intérêt de l'histoire: celle-ci va dès lors s'attacher à révéler, peu à peu, la terrible histoire familiale d'un chirurgien esthétique matériellement à l'aise, mais qui n'a pas su rendre sa femme heureuse et a un frère jumeau. Ce frère jumeau, c'est peut-être un classique du genre policier; l'auteure réussit à le faire jaillir dans le récit d'une manière qui ne manque pas d'épater.

Quant au décor, il ne manque pas de séduire les lecteurs qui aiment voir du pays, si possible sous la neige. L'intrigue se balade tout au long de la ligne du GoldenPass, avec un détour par Bulle, où la police semble fonctionner dans une ambiance cordiale voire amusée, et un passage obligé par Montbovon, gare importante de la ligne du GoldenPass, où l'Hôtel de la Gare, bien réel, joue aussi son rôle de révélateur.

"Le crime du GoldenPass" analyse des liaisons amoureuses empreintes de danger: les aventures des frères Hofmann, romanesques et marquées par la vengeance, résonnent avec le lien, moins solide qu'il n'y paraît, qu'entretiennent Laura Lambert et Julien Morel. 

Décliné en chapitres courts qui se lisent rapidement, "Le crime du GoldenPass" explore par ailleurs les zones d'ombre d'un Suisse prospère. En dessinant le personnage de Berthold Hofmann, ce roman capte en effet plus d'une de ces misères que la Suisse sait généralement cacher, entre autres lorsqu'il s'agit d'enfance placée. Et en choisissant un train touristique premium comme cadre pour un crime, son auteure opte pour le contraste: si le lieu de l'homicide est chic, si la mort a l'air propre, ce qui se cache derrière est, le lecteur le comprend peu à peu au fil de l'enquête, fort peu reluisant malgré un vernis de légitimité: qui n'a jamais rêvé d'une vie meilleure?

Géraldine Lourenço, Le crime du GoldenPass, Fribourg, Editions Montsalvens, 2024.

Le site des éditions Montsalvens.

Lu pour le défi Un hiver polar.

 

mercredi 14 janvier 2026

Benoît Rittaud: fictions et vérités sur le climat

Benoît Rittaud – Et si l'humain était moins responsable que cela du réchauffement climatique? Grâce au genre littéraire du roman, l'écrivain Benoît Rittaud, également mathématicien, impliqué dans le débat climatique en qualité de "climato-réaliste", interroge en toute liberté les récits qui circulent actuellement sur le changement climatique. "Geocratia" se fonde sur l'hypothèse de Henrik Svensmark pour développer un récit qui va changer la science du climat en suggérant que le climat s'auto-régule largement. Tout commence lorsque des calculs d'ordinateur confirment ce que d'aucuns ont su pressentir...

L'hypothèse de Svensmark n'est guère explicitée dans "Geocratia", et c'est dommage pour la solidité du fondement du propos: elle considère en gros que des rayons cosmiques, en ayant un impact sur la forme des nuages, ont un impact sur le climat terrestre. L'auteur décide que pour les chercheurs qu'il met en scène, cet impact est prépondérant. Reste à convaincre le monde, à commencer par les revues scientifiques, les politiques, la presse et les activistes. Sans compter soi-même: l'écrivain excelle à décrire, par le dialogue, les craintes que les deux responsables de recherche, Sonneyer et surtout Nalliens, ressentent face à une découverte qui remet en cause toute la question de l'origine anthropique du réchauffement climatique – rien de moins.

Au fil de son roman, l'écrivain décrit avec justesse les rigidités de tout un domaine de recherche scientifique qui, avec ses activistes et ses thuriféraires, a selon lui pris les allures simplistes d'une religion, peu en phase avec la complexité du domaine (pour souligner cette complexité, l'auteur conclut du reste en déclarant qu'on devrait parler des "climats" au pluriel). Décrivant un groupe de zadistes à la mode de Notre-Dame-des-Landes, il dit aussi l'intransigeance de certaines voix écoutées de la société civile et scientifique: le chapitre 9, "Pour une loi Gayssot du climat", s'avère glaçant. Cela d'autant plus que, construit sous forme de manifeste prévoyant la réintroduction de la peine de mort, il se fonde sur des idées qui ont été réellement évoquées un jour ou l'autre. La question de la représentation de la nature au niveau politique, que l'auteur juge accaparée a priori par des chercheurs spécialisés qui en seraient d'office les députés, est également évoquée.

Quant à Geocratia, c'est un projet certes, et on le devine totalitaire, au nom d'une écologie absolument prioritaire, y compris face aux besoins de l'humain. Mais pour les personnages mis en scène, c'est un doux rêve, peut-être même une idée qui n'existe pas vraiment – le propos de l'auteur n'est du reste pas de décrire l'émergence d'une dictature écologiste en France, et si décevant que cela puisse paraître, il est normal que Geocratia apparaisse plutôt comme un McGuffin. Quant à la ZAD de son roman, si elle a ses gourous, l'auteur la décrit aussi comme un lieu qui attire aussi toutes sortes de gens, parfois davantage soucieux de se nourrir, éventuellement sans gluten, que de brasser de grandes idées dans le cadre d'ateliers éventuellement marqués par les codes du wokisme. Ce qui n'empêche pas forcément l'ouverture d'esprit, ni les questionnements...

Documenté et sourcé ("Les notes de bas de page renvoient à des références qui, malheureusement pour certaines d'entre elles, sont toutes authentiques", ponctue l'écrivain), "Geocratia" est indéniablement l'œuvre d'un romancier très au fait du débat climatique et des arguments de chaque camp, voire de chaque chapelle. Cela, sans oublier son versant politique avec l'apparition d'un Vladimir Poutine qui refuse que la transition écologique se fasse au détriment du progrès pour les pays qui n'en bénéficient pas encore pleinement aujourd'hui. Ses pages se tournent rapidement et, par le biais de la fiction, éclairent mine de rien certains angles morts de la question du climat telle qu'elle se présente aujourd'hui au grand public.

Benoît Rittaud, Geocratia, Paris, Editions du Toucan, 2021.

Le site des Editions du Toucan.

Egalement lu par Francis Richard.


lundi 12 janvier 2026

Antisémitisme: une immersion pour un état des lieux

Nora Bussigny – Signé Nora Bussigny, "Les nouveaux antisémites" permet de mettre quelques mots, mais aussi des faits et des ressentis communs, sur un malaise qui pu voir le jour chez les uns ou les autres au lendemain des attentats du 7 octobre 2023. Y a-t-il eu une montée soudaine de l'antisémitisme, sous des formes éventuellement nouvelles, depuis? La journaliste a mené l'enquête et ce qu'il en ressort n'est guère rassurant. 

Le lecteur découvre au fil des pages ce qui ressort d'une enquête en immersion qui s'intéresse à tous les acteurs concernés: militants, groupes d'intérêts, associations, mais aussi victimes. Force est de relever en effet que l'essayiste n'oublie personne. Elle révèle ainsi les administrations scolaires soucieuses de ne pas faire de vagues, les manifestations qui excluent, les associations qui, éventuellement subventionnées, laissent passer des discours haineux à l'encontre d'Israël et, souvent par glissement, des Juifs. Et suggère, dès l'entrée de son propos, les incohérences patentes nées d'une vision intersectionnelle des choses, portée par une convergence des luttes fantasmée. 

L'autrice ne dédouane pas l'extrême-droite, évoquée en passant, bien au contraire. Cela dit, son propos se concentre sur l'observation d'activismes situés à la gauche de l'échiquier politique français, et sous les nouveaux atours que l'antisémitisme y prend. On la verra assister à des manifestations où les slogans égrenés n'ont rien d'aimable, participer à des ateliers où l'on apprend comment noyauter Wikipedia pour y introduire un biais pro-palestinien, et même, justement, décrire ce qu'elle appelle la "preuve par la Palestine", injonction à choisir son camp déterminante pour obtenir du soutien, en ligne ou sur le terrain. Jugés insuffisamment investis, certains influenceurs et vedettes en ont fait les frais...

Infiltrée, la journaliste l'est: sa méthode privilégiée est l'immersion. Elle se déguise, fait intervenir des alliés sûrs tels que sa tante qui maîtrise l'arabe, participe le plus discrètement possible à des événements auxquels tout un chacun n'a pas accès et pour lesquels il faut montrer patte blanche. Ce faisant, elle réactive la "légende" qu'elle s'est créée pour écrire un précédent ouvrage d'investigation, "Les nouveaux inquisiteurs". 

Mais elle ne s'arrête pas là: elle dialogue aussi avec des personnes juives victimes de discriminations ou d'agressions qui ne se sentent plus en sécurité en France, sur les campus pris en otage par un militantisme envahissant et clivant ou simplement en ville, et démasque associations et personnalités (un index en fin d'ouvrage en atteste). Pour assurer le contradictoire, elle ne manque pas d'aller interroger également les vecteurs d'une mouvance qui, sous couvert de soutien à la Palestine, paraît confondre antisémitisme et antisionisme. Souvent, c'est le silence qui lui répond; mais force est de relever l'honnêteté de cette démarche marquée par la recherche de l'équilibre et de la mise en résonance des voix antagonistes, indissociable d'une enquête journalistique sérieuse.

"Les nouveaux antisémitismes" évoque aussi de nombreuses autres formes d'exclusion, y compris de la part de groupes militants qui portent l'inclusion en bannière, à grands coups d'écriture inclusive si nécessaire. L'enquête s'avère complète et observe tous azimuts ce qui se passe sur un certain bord politique. Centrée sur la France, avec un excursus en Belgique, elle fait figure d'exemple: traités à fond, ses questionnements sont sans doute pertinents aussi dans d'autres pays.

Nora Bussigny, Les nouveaux antisémites, Paris, Albin Michel, 2025.

Le site des éditions Albin Michel.

dimanche 11 janvier 2026

Dimanche poétique 725: Joël Calinon

La déprime

L’Étoile s’est éteinte au front de l’espérance;
Elle qui flamboyait, pépite du futur,
Ardente au fond du cœur si terne vers l’azur,
Mourut avec la nuit, les maux et la souffrance.

Et dolent le cerveau révèle dans sa transe
La Déprime: l’esprit devient fantôme, impur,
Entraîne où l’horizon est un miroir obscur,
Tel un bateau perdu sur l’eau d’indifférence.

Il tourne sur des flots sans ancrages ni ports,
Allant avec lenteur en stériles efforts,
Mû par un vent glacé, misérable borée 

Soufflant sur le gréement infantile ou chenu
Un tumulte soudain. Qui n’a jamais connu
Au mât de sa raison la voile déchirée?

Joël Calinon. Source: Bonjour Poésie.

samedi 10 janvier 2026

Claude Darbellay, la revanche d'une femme

Claude Darbellay – Relire le journal intime de ses seize ans après vingt années de vie, comprendre l'horreur qui y est consignée et qu'on a vécue: tel est le destin de la jeune femme que l'écrivain suisse Claude Darbellay met en scène dans son roman "Déplis". 

"Déplis" oui, puisqu'il s'agit de déplier, de s'expliquer à soi-même un certain vécu, intime et terrible, à base de toute-puissance, dans un contexte familial complaisant. Car oui, ce que l'auteur met en scène, ce n'est pas seulement une adolescente victime d'abus sexuels: c'est aussi une famille complaisante face à un chanteur à la mode, âgé, volage et abusif.

Reflet d'une époque excessivement permissive au nom de la libération sexuelle, surtout dans certains milieux, façon Vanessa Springora et Gabriel Matzneff ou Flavie Flament et David Hamilton? On y pense au fil des pages de ce livre court et implacable. Et ce roman a la justesse de prendre un élément en compte: quand il s'agit d'abus sexuels, il arrive qu'il faille du temps pour en prendre toute la mesure lorsqu'on en est la victime. Pour se l'expliquer aussi, pour faire le "dépli" de sa vie.

"Déplis" est structuré en deux parties, la première étant constituée de la citation du journal du personnage principal: le lecteur suit celui-ci à la relecture du journal, puis lorsqu'il accomplit consciencieusement sa vengeance envers les personnes, des deux sexes, qui ont permis ces abus. Quitte à prendre le risque du spectaculaire esthétisant, l'auteur, dès lors, déploie un immense talent pour développer le caractère déterminé que peut prendre la revanche d'une femme meurtrie dans son adolescence.

L'auteur donne à son personnage féminin la voix forte d'une femme déterminée et impitoyable, teintée par moments d'un soupçon d'ironie. Avec un tel roman, narration de la prise de conscience d'une jeunesse volée et des conséquences que cela peut avoir pour la personne intéressée, l'auteur interroge entre les lignes: faut-il faire justice soi-même? L'épilogue de ce roman, succession de crimes parfaits qui apparaissent comme autant de catharsis, indique qu'il a fallu en passer par là pour que la narratrice sorte d'un cycle malsain et retrouve une vie saine en compagnie de sa fille. 

Sa fille, et... un cycle? Oui: l'ultime pirouette d'écriture du livre permet au lecteur de voir "Déplis" comme un roman cyclique qui voudrait ne plus l'être, l'utile question de la fille à sa mère trouvant sa réponse dans l'entièreté du roman qui a précédé.

Claude Darbellay, Déplis, Gollion, InFolio, 2018.

Le site des éditions InFolio.

Lu par Cyril.

dimanche 4 janvier 2026

Dimanche poétique 724: Paul Verlaine

Je devine, à travers un murmure

Je devine, à travers un murmure,
Le contour subtil des voix anciennes
Et dans les lueurs musiciennes,
Amour pâle, une aurore future!

Et mon âme et mon cœur en délires
Ne sont plus qu'une espèce d'œil double
Où tremblote à travers un jour trouble
L'ariette, hélas! de toutes lyres!

O mourir de cette mort seulette
Que s'en vont, cher amour qui t'épeures, –
Balançant jeunes et vieilles heures!
O mourir de cette escarpolette!

Paul Verlaine (1844-1896). Source: Bonjour Poésie.

samedi 3 janvier 2026

Lac Noir... aussi noir qu'un polar!

MEUWLY

Marie-Eve Meuwly – Force est de relever que la Suisse romande est devenue un terroir privilégié pour les romans policiers. Le développement de la collection "Vanil Noir", aux éditions Montsalvens, en est la démonstration. Et avec "Le lac des signes", premier roman bourré de talent signé Marie-Eve Meuwly, force est de considérer que ce terroir, porté en rouge, noir et blanc, est porteur. 

Ce "Lac des signes" n'est rien d'autre, en effet, que le Lac Noir, situé dans les confins suisses alémaniques du canton de Fribourg. La romancière ne fait certes pas mention de la "Youtse" du Lac Noir, pièce chorale connue de tout un chacun dans la région. Mais elle réussit, avec brio, à créer autour de ce lac une ambiance toute personnelle, faite d'inquiétude nuancée et de légendes porteuses de malédiction. Cela, à commencer par l'idée que si ce lac est "noir", c'est parce qu'un géant s'y est lavé les pieds jadis. Pour conclure: créateur d'atmosphère, le Lac Noir constitue un personnage à part entière de "Le lac des signes".

Et voilà qu'on y trouve un cadavre, puis deux, et davantage encore! Sur les pistes d'un tueur en série vengeur et addict, Jane mène l'enquête, et l'auteure s'amuse à brouiller les pistes, jusqu'à rendre suspecte cette enquêtrice: on a trouvé son ADN sur les lieux où l'on a retrouvé tel ou tel défunt. Fille de policier, Jane se doute-t-elle qu'elle va devoir jouer un match très personnel avec le coupable? Pas au début. Mais l'intrigue, implacable, se tend au fil des femmes mortes qu'on découvre, poussant la jeune femme jusqu'aux confins de la folie. Pour donner encore plus de force à son intrigue, la romancière touche au plus intime: la vie de la famille de l'enquêtrice.

Mais la romancière n'oublie pas qu'il y a un petit monde autour de Jane. Amis ou ennemis? L'enquêtrice sait veiller sur elle-même, mais se trouve prise en étau entre diverses dépendances: Martin, ancien policier débarqué dans des circonstances troubles et logé dans un chalet à proximité des lieux où moisissent les cadavres, est-il un allié ou un adversaire? Que penser de Josh le journaliste fouille-merde? Et pourquoi tel collègue a-t-il si facilement monté les degrés de la hiérarchie? Construite en profondeur, l'intrigue va jusqu'à interroger la police elle-même, en tant qu'institution, dans son fonctionnement et ses relations humaines, pas toujours fluides.

Avec "Le lac des signes", l'écrivaine Marie-Eve Meuwly fait une belle entrée dans le monde du roman policier en offrant à son lectorat un livre à l'intrigue parfaitement construite, toute en crescendo de tensions, portée par des ambiances de saison froide saisies autour d'un lac célèbre dans le canton de Fribourg. Célèbre, oui, mais... connu, vraiment? En empruntant la forme du roman policier, "Le lac des signes" offre un regard actuel, résolument nouveau, sur un lieu touristique méconnu qui peut abriter autre chose que la mélopée d'un armailli à sa fiancée.

Marie-Eve Meuwly, Le lac des signes, Fribourg, Editions Montsalvens, 2025.

Le site de Marie-Eve Meuwly, celui des éditions Montsalvens.

Pour la "Youtse", quand même: 


Lu pour le défi Un hiver polar.