vendredi 17 novembre 2017

Sept cantons, sept polices... et pas mal de cadavres en deux morceaux

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Nicolas Feuz – Un polar couvrant toute la Suisse romande: est-ce que cela a déjà été fait? C'est le projet audacieux dans lequel s'est lancé l'écrivain Nicolas Feuz, également procureur de la République et Canton de Neuchâtel. Il en résulte un roman policier solide qui porte un titre énigmatique, inspiré d'une tradition massaïe: "Eunoto, les noces de sang".


Une mise en perspective pour commencer: s'inscrivant dans le prolongement de la "Trilogie Massaï" du même auteur, "Eunoto" peut tout à fait se lire de façon isolée. Cela, même si les personnages sont récurrents, à commencer par le policier Michaël Donner, et semblent avoir un passé qui peut échapper au lecteur ponctuel. On pense au Monstre de Saint-Ursanne, Brent Wagner, dont le lecteur va se demander durant tout le livre s'il a été emprisonné par erreur. Ou à de nombreuses allusions mystérieuses à une intervention en Camargue.

Personnage récurrent, l'inspecteur Michaël Donner est dessiné essentiellement dans le cadre de son activité policière dans "Eunoto". On sait donc qu'il a 25 ans, qu'il est amoureux de sa collègue Lara et qu'il est métis, mais guère plus sur sa vie privée. En revanche, côté professionnel, force est de constater que l'auteur l'a bien caractérisé: on le découvre sportif, capable d'intuitions aux conséquences incontrôlables, et aussi fonceur, quitte à prendre des libertés avec les usages, voire la légalité. Est-ce pour cela, ou à cause de sa jeunesse, ou encore en raison de la couleur de sa peau, que son entourage professionnel l'a à l'oeil? Par moments, l'auteur entretient le doute, suggérant, sans l'affirmer frontalement, un fond de racisme chez certains personnages.

Particularité de la Suisse, Etat fédéral s'il en est: chaque canton a sa police. Du coup, quand une affaire criminelle se répand sur sept cantons comme dans "Eunoto", chaque police cantonale doit respecter les prérogatives et compétences de l'autre. Alors on s'entraide, on se parle – éventuellement autour d'un coup de vin blanc! Mais il arrive aussi que quelqu'un fasse de l'obstruction par fierté mal placée, que les compétences soient mal définies, qu'on cherche à masquer des actions troubles... Tout cela, l'auteur le dessine avec la virtuosité et la justesse de quelqu'un qui connaît les humains et leurs travers (les gens de police peuvent être odieux dans "Eunoto", et les ténors du barreau tels que Maître Giroud auraient aussi de quoi se confesser), mais aussi les rouages de l'activité policière en Suisse. Michaël Donner, quant à lui, n'en a que faire, on l'a compris!

Et si chaque canton a sa police, chaque canton possède aussi ses curiosités. L'auteur ne se gêne pas de les montrer, jouant à fond la carte du tourisme: le lecteur est baladé à Gruyères, au château de Chillon, sur les quais à Vevey, sur le barrage de Schiffenen, du côté des Alpes à Nendaz, comme dans les établissements pénitentiaires de la plaine de l'Orbe ou au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne. Mais qu'on ne s'y trompe pas: ce sont là les théâtres et les arrière-cours de meurtres particulièrement abjects, perpétrés sur des adolescentes. Des meurtres où, pour reprendre les mots d'un personnage, on n'a pas retrouvé le corps... mais la tête.

"Eunoto, les noces de sang" est donc un roman policier bien ficelé, virtuose même dans la mesure où il orchestre parfaitement des actions policières crédibles, à cheval sur pas moins de sept juridictions: c'est l'oeuvre d'un écrivain qui connaît son sujet de l'intérieur. Il sait aussi tenir sa plume, retourner la situation avec brio quand il le faut et faisant usage d'un style fluide, rapide grâce entre autres à de nombreux dialogues, afin de tenir le lectorat en haleine. Et pour couronner le tout, l'auteur s'offre le luxe, en faisant apparaître brièvement l'enquêteur Andreas Auer, de rendre un hommage amical à son confrère écrivain de polars romand Marc Voltenauer, qui l'a créé. Gageons du reste que si, dans "Eunoto", certaines jeunes filles sont retrouvées plus ou moins mortes dans des églises (celle de Valère, ou la cathédrale de Lausanne), c'est peut-être aussi un clin d'oeil au premier homicide du "Dragon du Muveran"...

Nicolas Feuz, Eunoto, les noces de sang, Lille, TheBookEdition, 2017.



Le site de Nicolas Feuz.

jeudi 16 novembre 2017

Romance ou thriller, un livre qui a la dent dure!

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Frédérique Hoy – Vous avez envie d'un livre qui commence en romance troublante et qui finit en thriller bien noir? Alors "Lune ou l'autre", deuxième roman de Frédérique Hoy, est pour vous. On suit avec plaisir les avanies d'un personnage principal prénommé Pierre-Octave, figure lunaire comme l'annonce le titre du livre: on l'appelle même Pierrot la Lune, comme de bien entendu.


Il a quelque chose d'attachant, Pierre-Octave: garçon rêveur, écrivain pour célébrités, frappé d'un certain déficit assertif, il se présente tout en rondeurs avec sa bonne face ronde et ses cheveux blonds qui rappellent l'astre de la nuit. Par contraste, son meilleur ami, Pascal, est présenté comme un mec carré, ne serait-ce que par son physique. Et c'est le carré qui va piquer sa femme au rond... balançant ce dernier sur orbite pour tout le roman.

Dès lors, commence un troublant pas de deux entre Pierre-Octave et Claire, rencontrée dans un bistrot, et qui va trouver un premier jalon important dans une partie de poker. C'est là que se trouvent les personnages clés du roman, en effet – on pense en particulier à une certaine rousse énigmatique. Claire, dentiste de son état, pourrait être la femme de la vie de Pierre-Octave: comme lui, elle est un peu rêveuse, fantasque même, et surtout, elle panique face à l'imprévu. Et le contexte est propice au rapprochement: Claire a demandé à Pierre-Octave d'écrire ses mémoires. Entre personnages marqués par la vie, on peut s'entendre...

Tout cela paraît bien sage. Mais c'est compter sans l'imagination fertile de l'auteure, qui fait de Claire un personnage complexe, menteur pour ne pas dire mythomane, qui va raconter plus d'une anecdote délirante sur son existence passée. Dès lors, peu à peu, on bascule dans la noirceur: la vie que Claire s'invente est faite de violences, d'amours mal vécues qui débouchent sur des morts maquillées en suicides. L'auteure construit dès lors des ambiances de plus en plus inquiètes, qui rappellent de loin celles d'un Stephen King. Ces atmosphères sont plombées encore par les appels téléphoniques anonymes et mystérieux que reçoit Pierre-Olivier. Qui se montre curieux, bien sûr: quelqu'un aurait-il une dent contre lui? Ou plutôt, aurait-il (enfin!) une admiratrice secrète?

Tout comme le titre, certes astucieux, a un petit goût de déjà-vu, l'idée de départ de "Lune ou l'autre" s'avère classique: l'écrivaine choisit de parler d'un personnage d'écrivain. Elle va encore plus loin en faisant de cet écrivain fictif un homme qui, à son tour, écrit sur des personnages de son entourage. A partir de là, l'intrigue s'avère imaginative, et ça devient intéressant! En plus, le lecteur relève avec gourmandise la poésie que recèle ce roman, une poésie qui ose le mot rare ou savoureux à l'occasion et a le chic pour faire entrer en résonance tout ce qui doit l'être.

Frédérique Hoy, Lune ou l'autre, Lectoure, Yakabooks, 2017.

Le site de l'éditeur – Merci à Yakabooks pour l'envoi, et à Simplement.pro pour le partenariat!

mercredi 15 novembre 2017

Un photographe sous l'oeil d'un écrivain

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Olivier Mathieu – L’écrivain Olivier Mathieu est candidat à la succession de René Girard, qui a laissé vacant le fauteuil 37 de l’Académie française. L’élection aura lieu le 14 décembre 2017, et les prétendants seront nombreux sur ce coup-ci. Auteur d’une cinquantaine de livres, candidat à plus d’une reprise (en une occasion, sous son pseudonyme littéraire de Robert Pioche) à un fauteuil de l’Académie française, Olivier Mathieu a choisi cette fois de placer sa candidature sous le signe du photographe David Hamilton, décédé en novembre 2016 et porteur d’une esthétique désuète et trouble que l’écrivain défend bec et ongles: en quelque sorte, les jeunes filles de David Hamilton ont l’âge de l’exil toujours adolescent d’Olivier Mathieu.


Je l’ai dit: Olivier Mathieu entretient un rapport particulier, intime, avec la photographie, et ses livres, presque toujours enrichis d’un cahier d’images, le confirment. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il s’intéresse de près à la personnalité de David Hamilton. Il a du reste déjà signé un opus sur ce photographe, intitulé «Le portrait de Dawn Dunlap». Et voilà que paraît «C’est David Hamilton qu’on assassine»! Pour le coup, ce nouvel ouvrage, dont le titre a des airs de Gilbert Cesbron, voire d'Antoine de Saint-Exupéry, a des allures de livre d’investigation.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, une précision: plusieurs signatures de prestige sont venues enrichir ce livre: outre l’auteur lui-même, on relève la philologue Agnès Degrève, l’éditeur Jean-Pierre Fleury, l’écrivain et cinéaste Sébastien Guillet, l’auteur situationniste (et ami d'Olivier Mathieu depuis 1987 environ) Phrère Jac. Cela, sans oublier des contributions de l’essayiste Roland Jaccard, ou les illustrations d'une peintre qui signe «Jouissive».

«C’est David Hamilton qu’on assassine» compile une série de billets qu’Olivier Mathieu a publiés sur son blog. L’auteur se fait enquêteur, remettant en question les conclusions officielles, celles de la police, relatives aux circonstances du décès du photographe David Hamilton. Est-ce un suicide bizarre? Un décès qui arrange tout le monde? Bonne question. Il n’arrange en tout cas pas Olivier Mathieu, qui se positionne en personnage avide de vérité, allant jusqu’à mettre en question les conclusions officielles: une porte malencontreusement ouverte, une enquête présentée comme trop rapidement bouclée.

L’auteur répand par ailleurs ses apophtegmes courroucés (comme qui dirait) à l’encontre d’acteurs du monde médiatique qui ont pris fait et cause contre David Hamilton. Le jeu de mots trouve ici toute leur place, et l’auteur, usant d’une veine satirique immémoriale, se montre corrosif, osant le jeu de mots et la vanne qui dépote. Ce faisant, l’écrivain s’attaque avant tout aux personnalités qui se sont mêlées de l’affaire David Hamilton, et qui en prennent pour leur grade: fort de ses convictions, l’écrivain s’amuse.

Illustré d'images de David Hamilton, «C’est David Hamilton qu’on assassine» est donc un recueil de chroniques de blog, avec les forces et les faiblesses quon trouve dans une telle démarche. En particulier, la republication des billets apparaît déjà datée (David Hamilton est décédé l’an dernier, dans un quasi-anonymat), et l’auteur, s’il se prétend novateur, se répète plus d’une fois d’un billet à l’autre. Investigation? On aurait aimé, de temps à autre, avoir le point de vue original d’un enquêteur proche du terrain, dont la parole aurait eu plus de poids que celle d’un écrivain certes esthète, mais qu’on sent lointain par moments: l’audace, parfois, consiste à interroger un être humain plutôt qu’un document. Cela aurait donné un supplément de valeur, de chair et d’âme en somme, à une enquête qui présente ses zones d’ombre et s’avère donc, il faut le dire, parfaitement pertinente. Alors, et si le livre définitif sur David Hamilton restait à faire? Le débat reste ouvert!

Olivier Mathieu, C’est David Hamilton qu’on assassine, Nantes, A l’enseigne des Petits Bonheurs, 2017. Préface de Roland Jaccard.

Le site de l'éditeur.

En complément et pour mémoire, quelques références sur les dernières parutions en date signées Olivier Mathieu:

  • «Le tombeau de David Hamilton» est un recueil de poésies d’Olivier Mathieu, constitué par Jean-Pierre Fleury et enrichi d’un CD. Paru en 2017 chez un imprimeur roumain sous l’expresse responsabilité de Jean-Pierre Fleury, il se présente comme un bref hommage poétique au photographe David Hamilton, généreusement illustré comme il se doit. 
  • Olivier Mathieu a également publié, en 2016, «Alain Finkielkraut l’Immortel», généreux ouvrage d’inspiration satirique. On y retrouve des interventions qu’Olivier Mathieu a faites sur Internet, sous le pseudonyme de Robert Spitzhacke, traduction allemande de «Robert Pioche», le pseudonyme historique d’Olivier Mathieu. A ce moment-là, Alain Finkielkraut était candidat à l’Académie française. 

Pour obtenir un exemplaire de ces ouvrages, il faut s’adresser à Jean-Pierre Fleury, éditeur à l’enseigne des Petits Bonheurs à Nantes. Ou encore, éventuellement, au blog «En défense de David Hamilton». Cela, sachant qu’Olivier Mathieu offre presque toujours volontiers ses livres à celles et ceux qu’il considère comme dignes de cet hommage.

Défi Premier roman: encore une participation signée Itzamna!

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Une fois de plus, Itzamna revient avec une participation au Défi Premier roman! Merci à elle! Je vous invite à aller découvrir le billet de blog qu'elle a consacré à "Ces rêves qu'on piétine" de Sébastien Spitzer:


Sébastien Spitzer, Ces rêves qu'on piétine.

Bonne soirée et à vous de jouer!

mardi 14 novembre 2017

Fred Pelletier, naissance d'une vocation rock'n'roll

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Katja Lasan – C'est le troisième tome d'un diptyque, ce qui est pour le moins original. "Journal d'été d'un ado déjanté" vient en effet se rattacher aux deux généreux romans qui constituent la série "Gueule d'ange", de la romancière suisse Katja Lasan. Nettement plus ramassé que ses grands frères, ce prequel pourrait faire figure d'amuse-bouche à la série... ou de petite friandise pour le dessert. Le lecteur y retrouvera, en miniature, tout ce qu'il a apprécié dans les deux tomes de "Gueule d'ange". 


L'ambiance est aux vacances dans "Journal d'été d'un ado déjanté", où l'on fait la connaissance de Fred Pelletier alors qu'il n'est "que" Frédéric Moreau: il n'est pas encore majeur et voyage avec une famille d'accueil en Corse. Le début de l'histoire tourne donc autour de jeux de séduction entre Fred et Mélissa, permettant à l'auteur de dessiner un Fred déjà très mûr pour ses 16 ans, avide d'autonomie, sachant surtout exactement ce qu'il veut... et ce qu'il ne veut pas.

Cette maturité, l'auteure explique d'une part par le rôle d'initiatrice, en quelque sorte, d'Elsa, qui joue le rôle de meilleure amie; et d'autre part, par le parcours atypique du futur musicien, orphelin au caractère bien trempé, baladé d'un foyer à l'autre. Ce caractère doit s'exprimer, et les habitués retrouveront ce qui fait le charme magnétique de Fred Pelletier: une certaine violence adolescente qu'il faut canaliser, un appétit sexuel insatiable, et ces éléments de maîtrise de soi qui sont la musique et, dans une moindre mesure, l'équitation. Cette violence s'exprime aussi dans l'écriture, bien rock'n'roll et vigoureuse. Le lecteur se la prend en pleine face, d'autant plus que ce roman est écrit à la première personne du singulier et donne la parole à Frédéric Moreau.

En contrepoint aux amours estivales, l'écrivaine dessine la vie au pensionnat et au lycée, accordant la priorité aux interactions entre les personnages. Cela permet de décrire finement le ressenti d'écorché vif de Fred, bien sûr. Et en guise d'effet secondaire bienvenu, gageons que certains épisodes rappelleront le vécu de plus d'un lecteur! Enfin, quoi de mieux, à la fois évident et improbable, qu'un lycée, lieu d'apprentissage s'il en est, pour voir éclore une vocation? Parce que c'est bien là l'essentiel de "Journal d'été d'un ado déjanté": l'auteure dessine, discrètement puis de façon de plus en plus manifeste jusqu'à ce que ce soit évident, la manière dont Frédéric Moreau découvre sa voie. Plus que les sentiments et les étreintes, tel est donc le véritable fil rouge de ce roman.

Une star naît donc, mais le monde ne le sait pas encore au début de "Journal d'été d'un ado déjanté". C'est une graine qui ne demande qu'à grandir... L'auteure sème du reste quelques autres petites graines dans ce roman qu'on dévore: elles vont se développer plus avant dans les deux volumes de "Gueule d'ange". Exemple, et non des moindres (mais est-ce que j'ose le dire?...): tout le monde reconnaîtra Alice, l'instant d'une parenthèse enchantée et accidentelle dans un aéroport. Et c'est déjà une autre histoire...

Katja Lasan, Journal d'été d'un ado déjanté, JePublie, 2016.

Le site de l'auteure, celui de l'éditeur.
Lu pour le Défi des Mille.


Autres chroniques: 
Katja Lasan, Gueule d'ange, tome 1
Katja Lasan, Gueule d'ange, tome 2.

lundi 13 novembre 2017

Le poète Pierre Voélin distingué

Pierre Voélin – Un peu d'actualité immédiate aujourd'hui, puisqu'il y a quelques heures seulement, le poète Pierre Voélin a reçu le prestigieux Grand Prix de Poésie de la Fondation Pierrette Micheloud. Remise tous les trois ans, cette distinction est dotée de 40 000 francs. Une cérémonie a été organisée à cette occasion à Lausanne. 

Pierre Voélin est né en 1949 à Courgenay (Jura suisse) et a suivi des études de lettres à l'université de Genève. S'il se présente comme un «poète transfrontalier», il est particulièrement connu dans le canton de Fribourg: c'est en effet à l'université de Fribourg qu'il a été enseignant, jusqu'en 2012. Auteur d'une quinzaine de recueils de poésie, Pierre Voélin a du reste été distingué par ce canton d'adoption en 1984. Cela, parmi un certain nombre d'autres prix, de rayonnement suisse ou international.

La vocation du poète Pierre Voélin naît en résonance à une visite du camp de concentration de Dachau, vécue comme une «rencontre avec le silence». Ses premiers recueils paraissent en 1984 et sont remarqués, mais c'est en 2012, lorsqu'il prend sa retraite, qu'il peut enfin se consacrer pleinement à la poésie. Son œuvre se consacre essentiellement aux «lieux de l'inhumanité contemporaine» – l'horreur nazie, celle du communisme – et, plus largement, au tragique de la condition humaine et de sa finitude.

La Fondation Pierrette Micheloud s'est donné pour objectif de perpétuer la mémoire de cette poétesse suisse par le biais de publications et de rééditions de ses œuvres. Native de Romont et originaire de Vex, Pierrette Micheloud entre en poésie en découvrant Villon, Lamartine et Baudelaire. Auteure d'une vingtaine de recueils, l'écrivaine s'engage aussi comme critique et comme créatrice du prix littéraire Louise-Labé – dont Pierre Voélin a été lauréat en 2016.

Source: communiqué de presse de la Fondation Pierrette Micheloud. 


dimanche 12 novembre 2017

Dimanche poétique 327: Joseph von Eichendorff

Idée de Celsmoon.
Avec: Abeille, Ankya, Azilis, Chrys, Emma, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Maggie, Violette.


Das zerbrochene Ringlein.

In einem kühlen Grunde
Da geht ein Mühlenrad
Mein’ Liebste ist verschwunden,
Die dort gewohnet hat.

Sie hat mir Treu versprochen,
Gab mir ein’n Ring dabei,
Sie hat die Treu’ gebrochen,
Mein Ringlein sprang entzwei.

Ich möcht’ als Spielmann reisen
Weit in die Welt hinaus,
Und singen meine Weisen,
Und geh’n von Haus zu Haus.

Ich möcht’ als Reiter fliegen
Wohl in die blut’ge Schlacht,
Um stille Feuer liegen
Im Feld bei dunkler Nacht.

Hör’ ich das Mühlrad gehen:
Ich weiß nicht, was ich will —
Ich möcht’ am liebsten sterben,
Da wär’s auf einmal still!

Joseph von Eichendorff. Source: Wikipedia.

Sa mise en musique par Franz Gluck (chanteur: Hermann Prey, pianiste inconnu)...



... et par Friedrich Nietzsche (interprètes: Dietrich Fischer-Dieskau, Aribert Reimann, Elmar Budde).