Avec: Anjelica, Ankya, Azilis, Chrys, Emma, Fleur, George, Herisson08, Hilde, Katell, L'or des chambres, La plume et la page, Maggie, Violette.
A un créancier
Un bien petit de près me venez prendre,
Pour vous payer : et si devez entendre
Que je n'eus onc Anglais de votre taille.
Car à tous coups vous criez : « baille, baille »,
Et n'ai de quoi contre vous me défendre.
Sur moi ne faut telle rigueur étendre,
Car de pécune un peu ma bourse est tendre,
Et toutefois j'en ai, vaille que vaille,
Un bien petit.
Mais à vous voir (ou l'on me puisse pendre)
Il semble avis qu'on ne vous veuille rendre
Ce qu'on vous doit : beau sire, ne vous chaille.
Quand je serai plus garni de cliquaille,
Vous en aurez : mais il vous faut attendre
Un bien petit.
Ah oui : Clément Marot ! À l’automne 2006, c’est en relisant Clément Marot et les écrivains de l’École de Lyon, Louise Labé, Maurice Scève et autres, qu’il m’est venu l’idée de rédiger une vingtaine de « blasons ». Au 16e siècle, le mot « blason » n’avait pas le même sens qu’aujourd’hui, il signifiait : discours, conversation, description, portrait, définition, explication, soit en bien, soit en mal. Bref, c’était une sorte de poésie et, c’est surtout Marot qui lança cette mode durant la première moitié du Seizième. Les artistes avaient déshabillé et peint le corps de la femme, les poètes se sont mis à la tâche d’en glorifier ou ridiculiser les charmes et les trésors.
RépondreSupprimerMerci pour ces précisions, Guy Rancourt! Et encore une fois, merci d'avoir partagé vos poèmes.
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