La nuit,
laissant au jour sa folie,
a tendu en gestes sereins
ses impalpables voiles gris.
Sous les paupières de la dormante
ses rêves translucides lui parlent
d'aurores à venir
et de fenêtres donnant sur des matins de liesse.
Sur l'éminence de ses seins juvéniles,
voluptueusement, le ciel promène son haleine nocturne
et la porte pourpre des étoiles
ouvre en elle les écluses de l'éblouissement.
Le jour,
laissant à la nuit
ses impalpables voiles gris,
en prière muette, tend son visage de lumière.
Amalita Hess (1936- ), Aux fontaines de tes soifs, Fribourg, Editions du Cassetin, 1998.
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