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samedi 28 février 2026

Whisky, fausse monnaie et p'tits monstres en Ecosse

Gordon Zola – Pas question de sécher! Il convient de jeter l'encre... avec "L'huile noire" de Gordon Zola, les calembours sont au rendez-vous, pour de bons moments de rigolade autour d'une intrigue en forme d'enquête librement inspirée de "L'Ile noire", album de bandes dessinées bien connu signé Hergé. Cet opus hilarant prend la place de "L'Ire noire", ouvrage signé de Pauline Bonnefoi, dans la saga "Saint-Tin et son ami Lou", qui met en scène un jeune reporter persuadé d'être le fils caché de Tintin.

Partant de Moulin Tsar, l'intrigue va conduire tout l'entourage de Saint-Tin vers l'Ecosse. Les raisons de voyager sont multiples: faire enfin un reportage pour Saint-Tin (qui, comme son père putatif, n'écrit pas beaucoup), retrouver le monstre du Loch Ness pour Orphéon Margarine et, euh, boire à la source pour le capitaine Aiglefin, monter de plus d'une scène homérique à force d'être éthylique. Enfin, grâce au sens commercial affuté d'un représentant pénible, tout ce monde est équipé de kilts, à l'exception de Lou, le perroquet séducteur.

Séquestres et intimidations seront au menu pour Saint-Tin, qui vit là une histoire qui assume sa porosité avec les aventures de Tintin: l'auteur n'hésite pas à aller emprunter un méchant à "Vol 714 pour Sydney" pour le transformer en distillateur peu scrupuleux. Et si les liens avec "L'Ile noire" sont assez évidents à la lecture, ce qui fait de ce roman un pastiche, c'est au final plutôt l'eau qui, au large de l'Ecosse, prend une teinte sombre. Marée noire (de quoi se marrer, non?), encre de seiche (humide...)? Toutes les pistes sont ouvertes...

Riche de plus d'une allusion à l'actualité récente, attaché à jongler avec les codes et les non-dits des aventures de Tintin, l'histoire de "L'huile noire" se rapproche d'une intrigue policière bien ficelée, l'humour en plus. On connaît la plume pleine de verve de Gordon Zola lorsqu'il s'agit de faire rire avec les mots; dans "L'huile noire", certains rapprochements de mots à caractère humoristique confinent même à une forme de poésie tant ils tombent bien et révèlent, d'une certaine manière, la profondeur sémantique que recèlent certains mots au riche potentiel. C'est drôle, c'est fin, ça se dévore et ça donne faim... de la suite.

Gordon Zola, L'Huile noire, Paris, Le Léopard démasqué, 2025.

Le site des éditions du Léopard démasqué.

Lu pour le défi Un hiver polar.



4 commentaires:

  1. Tu as encore déniché un roman policier original et plein d'humour ! Merci pour cette nouvelle participation au challenge.

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    1. Bonjour Alexandra, et merci d'être passée! C'est toute la série des "Saint-Tin et son ami Lou" qui est très amusante, et mérite d'être découverte. Et j'ai encore deux ou trois polars pour ce challenge... donc affaire à suivre! Je te souhaite un bon dimanche.

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  2. Je confesse avoir plusieurs livres de l'auteur dans ma PAL mais d'en avoir lu aucun pour le moment alors que l'humour semble au rendez-vous, mais surtout il semble fonctionner à merveille !

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    1. Bonjour Audrey! Oui, n'hésite pas à les tirer de ta pile à lire pour les déguster! Ces livres sont fort drôles, avec un humour largement fondé sur les jeux de mots les plus inattendus. Bonne découverte et merci pour ton commentaire!

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